M. DE MONTFORT, L'ABBÉ
M. DE BIONTFORT , écrivant.
Bonjour , monsieur l'Abbé.
l'abbé.
Vous êtes en affaire ?
M. DE BIONTFORT.
Non, voilà qui est fini, (ii n'écrit plus.) Eh bien, savez-vous quelque chose de nouveau?
l'abbé.
Non , je n'ai vu personne d'aujourd'hui. J'ai dîné hier chez M. votre frère , où nous avons eu une longe de veau de Rouen, qui était délicieuse.
DE COUr.E-DÎNER. 2q5
M. DE MONTFORT
Eh bien , vous mangerez la pareille ici. "^
L ABBE j avec joie.
Ma foi , je n'en serai pas lâché; car j'avoue que c'est ce que j'ai mange de meilleur.
m. DE MONTFORT.
Aimez-vous les guignards de Chartres?
l'abbé.
Je vous en réponds.
M. DE MONTFORT
J'en ai aussi j et des coqs de bruyère...
l'abbé.
Savez-vous que personne ne fait aussi bonne chère que vous.
M. DE MONTFORT
Je m'en pique un peu , à vous dire vrai. Que diable ! il faut bien vivre j l'argent n'est fait que pour s'en servir. J'attends une truite du lac de Genève , dont je veux que vous mangiez aussi.
l'abbé.
Je les connais. Diable ! c'est admirable.
M. DE MONTFORT
Je suis bien fâché qu elle ne soit pas arrivée.
l'abbé.
Oh , il ne faut pas tout manger le même jour !
M. DE MONTFORT
N'en dites rien à mon frère.
l'abbé.
Je n'ai garde ; personne n'en pourrait avoir. Il faut avouer que c'est un fiu-ieux mangeur.
M. DE MONTFORT
Mais vous ne lui cédez guère , vous, l'Abbé.
l'abbé.
Oh , je ne mange plus ! Autrefois c'était bien différent ; je suis bien baissé.
gi l'abbé
M. DE MONTFORT
Cela va bien encore. Ah çà, viendrez-vous clhier demain avec moi?
L AEBÉ j avec inquiétude.
Demain?
BI. DE MONTFORT
Oui ; la truite sera peul-êlre arrivée.