LE PRÉSIDENT , L ABBÉ
LE PRÉSIDENT
Ah , l'Abbé, c'est bien honnête de me venir voir!
l'aebé.
Monsieur le Président sait bien que quand je ne viens pas ici , ce n'est pas ma faute.
LE PRÉSIDENT
J'en suis persuadé. Eh bien, le manuscrit en question? La Bysantine grecque j c'est-il bientôt traduit? l'abbé.
Vous ne pouvez l'avoir que dans un an j mais vous l'aurez. Vous aurez aussi la Sagesse de Charon, sans année.
29G l'abbé
LE PRÉSIDENT
Allons, c'est bon 5 je vous ferai voir de nouvelles acquisitions que j'ai faites , qui ne di'pareront pas ma bibliothèque.
L ABî E , un peu inquiet.
Je le crois j vous êtes assez connaisseur pour cela.
LE PRÉSIDENT
J'attends encore un bor.îrae qui a beaucoup voyagé, et avec qui je veux vous faire dincr.
L ABEÉ, avec joie.
Je ne demande pas mieux.
LE PRÉSIDENT
J'arrangerai pour que cela soit un de ces jours.
l'abbÉ.
Je croyais que c'était aujourd'hui.
LE PRÉSIDENT
Non; aujourd'hui je n'aurais pas pu, parce que j'ai toujours remis à prendre des eaux depuis un mois^ et j'ai en(in commencé. Cela demande du régime.
l'abbé se lève.
C'est très-bien fait.
LE PRÉSIDENT
Je suis bien aise qu'on vous ait laissé entrer, vous mangerez un poulet avec moi.
l'abbé.
Je vous suis bien obligé 5 je ne peux pas avoir cet honneur-là.
LE PRÉSIDENT
Pourquoi? Avec vous je ne ferai point de façons^ j'ai un pâté de perdrix. Nous causerons, restez.
l'abbé.
Je suis engagé, et il est tard; j'ai même peur de me faire attendre. Une autre fols je serai charmé de passer un peu de temps seul avec vous.
le PRÉSIDENT.
OÙ allez- vous?
DE COURE-DINEK. 297
l'abbé.
Chez la marquise d'Aimetoutj et je suis très-pressé.
LE PRÉSIDENT
Oh, elle ne dîne pas de bonne lieure.
l'abbé.
Je vous demande pardon. Elle a changé d'heure en changeant de jour.
LE PRÉSIDENT
C'est que s! vous y voyez l'abbé Basane, vous me feriez plaisir de lui dire ce que je vais vous expliquer. Asseyezvous.
Et non^ije vous l'enverrai, cela vaudra mieux.
LE PRÉSIDENT
Je voudrais qu'il fût prévenu. Cela sera fait dans un instant,
l'abbé.
S'il n'y est pas je viendrai vous revoir.
LE PRÉSIDENT
C'est que je voudrais vous éviter cette peine-là.
l'abbé.
Ce n'est jamais une peine pour moi.
LE PRÉSIDENT
Si fait, vous avez des affaires. En deux mots...
l'abbé.
Il est près de deux heures et demie. Je ne peux pas.
LE PRÉSIDENT
Eh bien, en vous reconduisant, vous serez au fait aussi bien
que moi. (L'Abbé s'en va et le Président suit.) L'abbé BaSanC COmiaît
un homme depuis mil sept cent quaranle-ciuq, qui a envie d'avoir un morceau que j'ai, qui est uiiicnie; c'est... vous le connaissez.... (ils sortent tous deux.) les Labyrinthes de Bernard Hachin.
igS