M™" POURSUIT
Comment donc! vous ea douteriez?
M. DE LA BARRE
Mon^ non^ continuez.
M™e POURSUIT.
Pendant dix ans que j'ai été avec mon mari^ j'ai eu dix enfants dont il m'en reste quatre, et tous quatre sont de lui sûrement. Cependant
M. DE LA BARRE, chantant.
Je n'en crois rien, Je n'eu crois rien.
^me POURSUIT.
Monsieur, vous m'insultez.
M. DE LA BARRE
Moi? Comment donc?
M™e POURSUIT.
Quoi, monsieur, à tout ce que je vous dis vous répondez toujours, je n'en crois rien!
M. DE LA BARRE
Eh non, madame; ce n'est pas à vous, encore une foisj ce sont des notes que je fais k un mémoire.
^imc POURSUIT.
Des notes, des notes! Faites-en sur ce que je vous dis.
M. DE LA BARRE
Ne vous inquiétez pas; continuez, je vous prie.
Mme POURSUIT.
Mes enfants sont devenus grands, et mon mari est mort.
M. DE LA BARRE, chantant.
Je n'en crois rien, Je n'en crois rien.
j^me POURSUIT.
Mais, monsieur, vous savez iDÎen que je suis veuve?
53o l'avocat
M. DE LA BARRE
Veuve? Oui, oui.
M™e POURSUIT.
Depuis que mon mari est mort, je ne puis plus tenir mes enfants dans le respect j le plus grand , qui est majeur, m'accuse de l'avoir fait périr faute de secours .
M. DE LA BARRE, chantant.
Je n'en crois rien , Je n'en crois rien.
]yime POURSUIT.
Mais vraiment , vous avez bien raison. Le pauvre homme! Je l'aimais si tendrement î (Elle pleure.)
M. DE LA BARRE, chantant.
Je n'en crois rien , Je n'en crois rien.
mme POURSUIT.
Cela est pourtant bien vrai , monsieur.
M. DE LA BARRE , chantant.
Je n*en crois rien , Je n'en crois rien .
Mme POURSUIT.
Monsieur, on n'a jamais traite une honnête femme comme vous faites.
M. DE LA BARRE , chantant.
Je n'en crois rien , Je n'en croîs rien .
jyjme POURSUIT, en colère , et se levant.
Vous m'insultez , monsieur , vous m'outragez -, je m'en plaindrai à M. le premier président.
M. DE LA BARRE
De quoi donc?
jVimc POURSUIT.
C'est affreux à voas ! Une pauvre veuve ! Oui , monsieur, vous me rendrez tous mes papiers j vous ne plaiderez plus pour moi;
CHANSONNIER. 33l
A la bonne heure, madame.