M. DE CLERVAUT, M. DE SAINT-VAL
M. DE SAINT-VAL
OÙ vas-tu?
M. DE CLERVAUT
Je vais cbcrclier quelqu'un; laisse-moi aller.
M. DE SAINT- VAL
Je te cherche, moi, pour te conter une aventure très-plaisante, qui vient d arriver ici dans Tiristant.
M. DE CLERVAUT
Tu me la diras une autre fois.
M. DE SAINT- VAL
Cela ne vaudrait plus rien.
M. DE CLERVAUT
Je t'en prie.
M. DE SAINT- VAL
Non, non, écoute -moi. Tu connais le chevalier de Bercy?
Oui.
M. DE SAINT- VAL
Il aime une femme depuis long temps, sans avoir pu réussir jusqu'à ce moment.
M. DE CLERVAUT
Eh bien?
M. DE SAINT-VAL
Il vient enfin de la déterminer en sa faveur.
M. DE CLERVAUT
Ici?
M. DE SAINT-VAL
Oui, ici.
M. DE CLERVAUT
Il est bien heureux.
M. DE SAINT- VAL
Oli mais, c'est la manière dont cela s'est fait, qui est plaisante! Cette femme a retiré son portrait des mains de son mari, pour le donner à son amant en sa présence.
M. DE CLERVAUT
Quoi?...
M. DE SAINT- VAL
Ne trouves-tu pas cela délicieux? (ii rit)
C'est le chevalier de Bercy?
M. DE SAINT-VAL
Oui, lui-même. Il vient de s'en aller avec elle. Je voudrais connaître le mari.
M. DE CLERVAUT
Non pas moi.
M. DE SAINT-VAL
C'est une aventare unique. Garde-moi le secret.
M. DE CLERVAUT
Ne crains rien.
M. DE SAINT-VAL
Mais qu as-tu donc? Cela ne te paraît pas plaisant?
M. DE CLERVAUT
Je n'en puis plus^ je m'en vais. Adieu, (ii sort.)
M. DE SAINT- VAL
Il n'est pas content de sa dame, apparemment.
(IlssorteTTt.)