‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 3)Chapitre 85 sur 206 · LE SULTAN, ALMÉNORADE, ORCANOR, ELMIRE , HASSAN , OSMIN , GARDES · texte numérisé non relu

LE SULTAN, ALMÉNORADE, ORCANOR, ELMIRE , HASSAN , OSMIN , GARDES

LE SULTAN

Quand je vous ai mandé, lorsque je vous attends , Occupé d'autres soins , ici je vous surprends , Orcanor. Quel dessein en secret vous fait rendre Auprès d'Alménorade? Ici je viens l'apprendre. Parlez , et sans détour.

ALMENORADE.

Il VOUS cbercbait , seigneur.

LE SULTAN

Non , je vois , malgré lui , le trouble de son cœur. Tous ses soins sont pour vous. Ignorant ma tendre-se...

ALMÉNORADE.

Ab , quelle est votre erreur î connaissez ma faiblesse. Il me trompait l'ingrat î et lorsque je Faimnîs ,

Ii8 ALMÉNORADE ,

Que munissant à vous , de lui je m'occupais, J'apprends que ce vainqueur aime une Maroquine , Et qu'il veut e'pouser cette infâme coquine. Par cet hymen atïreux puisqu'il sait m'outrager, Sans hésiter je dois et je veux me venger. Dans ces derniers regrets d'une douleur amèrc , Pardonnez-moi^ seigneur, cette juste colère ; En m'occupant de vous , je vais voir effacer Le trait que son amour avait su me lancer. . . .

LE SULTAN

Orcanor , est-il vrai? parlez ici sans feinte.

ORCANOR.

Seigneur , le tendre objet dont mon àme est atteinte , Dont je suivrai toujours la trop charmante loi, N'attendra pas long-temps pour recevoir ma foi. Je vous l'ose assurer, même devant madame , Rien n'éteindra jamais cette divine flàme.

LE SULTAN

Vous vous jouez ainsi de ma crédulité/ Non , non , ne comptez plus , ingrats , sur ma bonté. J'avais tout entendu , je sais ce qui se passe ; Dans ma juste fureur , n'attendez point de grâce.

(Il tire son poignard pour frapper Orcanor.)

Vous périrez.

LE SOUFFLEUR

Eh non , monsieur I

LE SULTAN

Vous périrez. (Il se tourne du côté d'AIméaorade.) LE SOUFFLEUR.

Arrêtez donc ; ce n'est pas cela.

LE SULTAN

relais , monsieur, il faut bicu que je tue quelqu'un,

LE SOUFFLEUR

Je vous dis que non.

TRAGEDIE. 1 10

LE SULTAN

Mais c'est daus la pièce.

LE SOUFFLEUR

Et c'est une faute d'impressiou.

LE SULTAN

Comment, Toyons?

LE SOUFFLEUR , sur le théâtre.

Tenez , lisez vous-même.

LE SULTAN

Mais h la Hii ?

LE SOUFFLEUR chrrchanl.

Ah , cela est yrai !

LE SULTAN

Eh hien , pour mieux t^apprendre à lire Terrata , Imbécille souffleur , c'est toi qui périra, (ti le frappe.)

LE SOUFFLEUR, dans les bras des gardes.

Que je suis malheureux l Je meurs. Que Ton m'emporte ; Mais qu'on rende à chacun son argent à la porle.

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