LE SULTAN, ALMÉNORADE, ORCANOR, ELMIRE , HASSAN , OSMIN , GARDES
LE SULTAN
Quand je vous ai mandé, lorsque je vous attends , Occupé d'autres soins , ici je vous surprends , Orcanor. Quel dessein en secret vous fait rendre Auprès d'Alménorade? Ici je viens l'apprendre. Parlez , et sans détour.
ALMENORADE.
Il VOUS cbercbait , seigneur.
LE SULTAN
Non , je vois , malgré lui , le trouble de son cœur. Tous ses soins sont pour vous. Ignorant ma tendre-se...
ALMÉNORADE.
Ab , quelle est votre erreur î connaissez ma faiblesse. Il me trompait l'ingrat î et lorsque je Faimnîs ,
Ii8 ALMÉNORADE ,
Que munissant à vous , de lui je m'occupais, J'apprends que ce vainqueur aime une Maroquine , Et qu'il veut e'pouser cette infâme coquine. Par cet hymen atïreux puisqu'il sait m'outrager, Sans hésiter je dois et je veux me venger. Dans ces derniers regrets d'une douleur amèrc , Pardonnez-moi^ seigneur, cette juste colère ; En m'occupant de vous , je vais voir effacer Le trait que son amour avait su me lancer. . . .
LE SULTAN
Orcanor , est-il vrai? parlez ici sans feinte.
ORCANOR.
Seigneur , le tendre objet dont mon àme est atteinte , Dont je suivrai toujours la trop charmante loi, N'attendra pas long-temps pour recevoir ma foi. Je vous l'ose assurer, même devant madame , Rien n'éteindra jamais cette divine flàme.
LE SULTAN
Vous vous jouez ainsi de ma crédulité/ Non , non , ne comptez plus , ingrats , sur ma bonté. J'avais tout entendu , je sais ce qui se passe ; Dans ma juste fureur , n'attendez point de grâce.
(Il tire son poignard pour frapper Orcanor.)
Vous périrez.
LE SOUFFLEUR
Eh non , monsieur I
LE SULTAN
Vous périrez. (Il se tourne du côté d'AIméaorade.) LE SOUFFLEUR.
Arrêtez donc ; ce n'est pas cela.
LE SULTAN
relais , monsieur, il faut bicu que je tue quelqu'un,
LE SOUFFLEUR
Je vous dis que non.
TRAGEDIE. 1 10
LE SULTAN
Mais c'est daus la pièce.
LE SOUFFLEUR
Et c'est une faute d'impressiou.
LE SULTAN
Comment, Toyons?
LE SOUFFLEUR , sur le théâtre.
Tenez , lisez vous-même.
LE SULTAN
Mais h la Hii ?
LE SOUFFLEUR chrrchanl.
Ah , cela est yrai !
LE SULTAN
Eh hien , pour mieux t^apprendre à lire Terrata , Imbécille souffleur , c'est toi qui périra, (ti le frappe.)
LE SOUFFLEUR, dans les bras des gardes.
Que je suis malheureux l Je meurs. Que Ton m'emporte ; Mais qu'on rende à chacun son argent à la porle.