DE LA COMÉDIE FRANÇAISE
]VI™° DE MIR VILLE
Justement je soupe chez moi 5 madame de Vermont y sera : cela serait bien honnête à vous si vous veniez.
LE DUC . en s'eu allant.
Sûrement. Je ferai l'impossible pour ne pas y manquer.
jSime DE MIR VILLE.
Eh bien, madame j comment trouvez- vous cela? N'a vezvous pas cru qu'il allait rester avez nous?
^me DE VERMONT.
Bon ! voilà comme sont à présent tous les hommes.
M™û DE MIR VILLE.
Ah , voilà le chevalier ! (Le chevalier sapprochc.) M™e DE VERMONT.
Monsieur le, chevalier , c'est fort honnête. Vous me donnez la main pour sortir de la loge, et puis vous me laissez dans la foule .' Je ne savais ce que vous étiez devenir.
LE CHEVALIER
J ai cru , madame , que vous alliez rester là.
Mine DE VERMONT.
Au milieu du corridor, n est-ce pas?
LE CHEVALIER
Non 5 mais... c'est que,... vous avez bien vuThommcàqui j'ai parlé, et qui m'a entraîné?...
M™e DE VERMONT.
Moi? je n'ai rien vu.
LE CHEVALIER
C'est celui qui se mêle de mon affaire pour le régiment en. question j j'étais trop heureux de le rencontrer.
Mme DE VERMONT.
Eh bien?
LE CHEVALIER
Je voulais savoir si ce qu'on m'avait dit était vrai.
Mme DE YERMONT.
Hum...
î 26 SORTIE
LE CHEVALIER
MaiS; d'honneur. Vous sentez bien que sans cela...
^ime j)E VERMONT.
Vous êtes bien heureux que je sois la première à vous justifier.
M^e DE MIR VILLE.
Chevalier, qu est-ce qui descend là? Cela me paraît bien joli.
LE CHEVALIER
Peste, je le crois bien- c'est ma foi ce que nous avons de mieux.
M^e DE MIR VILLE.
Et vous la nommez?
LE CHEVALIER
Ernestine. C'est nue Allemande.
M™^ DE VERBIONT.
Quoi ! c'est là cette beauté que vous nous vantiez tant? Mais regardez donc , madame : cela n est point joli du tout.
]M™e DE MIRVILLE.
Mais non , vous avez raison. De loin , elle m'avait paru avoir de Téclat j mais ses yeux ne disent rien. Sa bouche est pincée: ali! elle est hideuse.
M™e DE VERMONT.
C'est ce que je vous dis. En vérité, Ton ne connaît plus rien au goût des hommes.
Mme DE MIRVILLE.
Ah! je vous en prie, madame, voyez un peu le président qui gagne la petite porte , comme il a Tair occupé !
Je sais bien pourquoi j c'est qu'il y avait aux secondes loges quelqu'un à qui il s intéresse.