M. DE MALINVAL, M. DE MONTRICHARD
M. DE MALINVAL.
Il me semble que La Foret entend à demi-mot.
M. DE MONTRICHARD
Oui, je l'ai accoutumé à cela. Je n'aime pas les domestiques à qui il faut tout expliquer devant le monde.
25;i LA QUEUE DU CniEK.
M. DE MALIN VAL
Vous avez bien raison , parce qu'il y a bien des clioses «{u'on ne veut pas dire tout bant.
M. DE MONTRICHARD
C'est cela même.
M. DE MALIN VAL
Vous voyez que je vous ai deviné.
M. DE MONTRICHARD
Ab! pas toul-à-fait.
M. DE MaLINVAL.
Je vous le prouverai dans uu autre moment.
M. DE MONTRICHARD
Abî je parie bien que non.
M. DE MALINVAL.
El) bien, voulez-vous me donner ma revancbe de mes dix louis?
M. DE MONTRICHARD
Je ne suis pas en bumeur de parler aujourd bui. M. DE MALINVAL.
Comme vous voudrez. La Forêt ma dit
M. DE MONTRICHARD
Quoi donc?
M. DE MALINVAL.
Que vous vous occupiez toujours de l'agriculture.
Abl c'est cela?
M. DE MALINVAL.
Oui. De quoi croyiez-vous donc qu'il m'avait parlé?
M. DE MONTRICHARD
De rien, c'était d'agriculture. Je fais entourer un champ assez considérable.
M. DE MALINVAL.
Pour quoi faire?
M. DE MONTRICHARD
C'est là mon secret.
M. DE MALINVAL.
Mais si c'est une entreprise considérable, je serai de moitié avec TOUS.
M. DE MONTRICHARD
De frais?
M. DE MALI^VAL
Et de rapport. Vous savez bien que lorsque nous étions dans les vivres tous les deux. . . .
M. DE MONTRICHARD
Cela était bien diflérenl. Ce que je veux faire c'est du salpêtre.
M. DE MALIN VAL
Et avez-vous de la graine?
De la graine?
M. DE MALIN VAL
Oui , j'en ai moi ; cela vient comme des champignons ; c'est sur des couches.
M. DE MONTRICHARD
Il est vrai. Diable! vous savez donc le secret?
M. DE MALIN VAL
Je vous en réponds : c'est un juif allemand qui m'a instruit; cela rapporte des millions.
M. DE MONTRICHARD
Et il faut de la graine ?
M. DE MALIN VAL
Sans doute.
M. DE MONTRICHARD
Eh bien, venez voir si mes couclics sont bien préparées.
M. DE MALINVAL.
Jele veux bien. Cheuiin faisant, je vous parlerai d'une affaire qui regarde la fille de la mère Babolein.
M. DE MONTRICHARD
Eh bien , allons.
M. DE MALINVAL.
Et vous me ferez voir, en revenant, Loulou?
Tant que vous le voudrez.
M. DE MALINVAL.
Et nous reviendrons ici?
M. DE MONTRICHARD
Ou chez moi.
M. DE MALINVAL.
Non, ici.
M. DE MONTRICHARD
Je le veux bien , partons. (U seo va.)