‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 125 sur 339 · M. DE MALINVAL, M. DE MONTRICHARD · texte numérisé non relu

M. DE MALINVAL, M. DE MONTRICHARD

M. DE MALINVAL.

Il me semble que La Foret entend à demi-mot.

M. DE MONTRICHARD

Oui, je l'ai accoutumé à cela. Je n'aime pas les domestiques à qui il faut tout expliquer devant le monde.

25;i LA QUEUE DU CniEK.

M. DE MALIN VAL

Vous avez bien raison , parce qu'il y a bien des clioses «{u'on ne veut pas dire tout bant.

M. DE MONTRICHARD

C'est cela même.

M. DE MALIN VAL

Vous voyez que je vous ai deviné.

M. DE MONTRICHARD

Ab! pas toul-à-fait.

M. DE MaLINVAL.

Je vous le prouverai dans uu autre moment.

M. DE MONTRICHARD

Abî je parie bien que non.

M. DE MALINVAL.

El) bien, voulez-vous me donner ma revancbe de mes dix louis?

M. DE MONTRICHARD

Je ne suis pas en bumeur de parler aujourd bui. M. DE MALINVAL.

Comme vous voudrez. La Forêt ma dit

M. DE MONTRICHARD

Quoi donc?

M. DE MALINVAL.

Que vous vous occupiez toujours de l'agriculture.

Abl c'est cela?

M. DE MALINVAL.

Oui. De quoi croyiez-vous donc qu'il m'avait parlé?

M. DE MONTRICHARD

De rien, c'était d'agriculture. Je fais entourer un champ assez considérable.

M. DE MALINVAL.

Pour quoi faire?

M. DE MONTRICHARD

C'est là mon secret.

M. DE MALINVAL.

Mais si c'est une entreprise considérable, je serai de moitié avec TOUS.

M. DE MONTRICHARD

De frais?

M. DE MALI^VAL

Et de rapport. Vous savez bien que lorsque nous étions dans les vivres tous les deux. . . .

M. DE MONTRICHARD

Cela était bien diflérenl. Ce que je veux faire c'est du salpêtre.

M. DE MALIN VAL

Et avez-vous de la graine?

De la graine?

M. DE MALIN VAL

Oui , j'en ai moi ; cela vient comme des champignons ; c'est sur des couches.

M. DE MONTRICHARD

Il est vrai. Diable! vous savez donc le secret?

M. DE MALIN VAL

Je vous en réponds : c'est un juif allemand qui m'a instruit; cela rapporte des millions.

M. DE MONTRICHARD

Et il faut de la graine ?

M. DE MALIN VAL

Sans doute.

M. DE MONTRICHARD

Eh bien, venez voir si mes couclics sont bien préparées.

M. DE MALINVAL.

Jele veux bien. Cheuiin faisant, je vous parlerai d'une affaire qui regarde la fille de la mère Babolein.

M. DE MONTRICHARD

Eh bien , allons.

M. DE MALINVAL.

Et vous me ferez voir, en revenant, Loulou?

Tant que vous le voudrez.

M. DE MALINVAL.

Et nous reviendrons ici?

M. DE MONTRICHARD

Ou chez moi.

M. DE MALINVAL.

Non, ici.

M. DE MONTRICHARD

Je le veux bien , partons. (U seo va.)

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