LE GRAND-SEIGNEUR, LE MOUPHTI
LE MOUPHTI.
Vous avez fait, Seigneur, sans Favis du Divan, Ce qu'on doit espérer d'un Empereur si grand.
Vous louez cet arrêt parce qu'il est le vôtre.
Vous vous tairiez peut-être en le sachant d'un autre.
LE MOUPHTI.
Un prince vertueux rend sages ses sujets, Et pour le bien commun ils ont tous des projetsj Heureux, s'ils sont suivis ! Alors, met-on en doute Que le vice, par lui, ne soit mis en déroute? Un prince s'agrandit, assurant le bonheur, Son trône s'affermit plus qu'en étant vainqueur. L'exemple de Zaskin, privé de sa Princesse, Vous fera redouter des princes de la Grèce.
Il serait bien plus doux de m'en savoir aimé ! Ne pourra- t-on penser que, d'Ulzelte charmé. Je l'enlève à Zaskin, pour chasser de son àme L'amour qui les unit, cet amour qu'il réclame^ Et qu'enfin écoutant mes trop coupables feui Je n'ose devenir injuste que pour eux?
LE MOUPHTI.
Il est vrai qu'on pourrait facilement le croire j
Mais il est un moyeu de sauver votre gloire.
Ou d'empêcher qu'on puisse au moins la soupçonner,
59 ULZETTE ET ZASKIN,
LE GBAND-SEIGNEUR.
Comment? expliquez-vous?
LE MOUPHTI.
D.'iii^ncz me pardonner.
Mais, Seigneur, le mojen est sûr et très-facile. Llzette dans ces lieux vient chercher an asile, Il en est un pour clic, assurez son honheur.
Mais sans Zaskin, quelle aime, en est-il pour son cœur?
LE MOUPHTI.
Elle peut l'oublier.
Si je pouvais le croire!....
De quel œil verrait-on ce li'ait dans mon histoire?...
LE MOUPHTI.
Il ne saurait avoir rien de fâcheux pour vous. On pourrait....
Achevez?
LE MOUPHTI.
Lui trouver un époux.
Un époux?
LE MOUPHTI.
Oui , Seigneur, avec reconnaissance On doit la recevoir^ que votre main dispense Un don si précieux... ..
LE GRAND-SEIGNFUR.
Et qui l'accepterait?
LE MOUPHTI.
Je n'oserais nommer. . . .
LE GRAND-SEIGNFUR.
Pourtant il le faudrait.
LE MOUPHTI.
Songez que ce n'est pas l'intérêt qui me presse :
Pour vous sauver l'honneur;, pour sauver la Princesse...
Eh bien?
LE MOUPHTI.
Si vous vouliez
Allons, expliquez-vous.
LE MOUPHTI.
Je me proposerais pour être son époux.
Ce trait me surprend fort I
LE MOUPHTI.
Ah! songez Prince auguste....
LE GRAND-SEIGNEUR f Que pour votre plaisir vous nie rendiez injuste: Les maux qu'à ers amants j'ai pu faire en ce jour, Vous me les conseilliez pour servir votre amour. Vous citez rXlcoran et le divin Prophète} De ]rt relieion vous faisant l interprète.
Vous la faisiez servir selon votre intérêt
Mais j'entends quelque bruit, apprenons ce que c'est.