SCENE IV
LE GRAIND-SEIGÎVELR , ULZETTE , ZASRIN , LE MOLPHTI, EUMUQLES, MLETS.
ULZETTE,
Ab.' vous voyez, Seigneur, qu'un mot de votre bouche A calmé ses fureurs : que sa douceur vous touche. Ignorés, nous étions heureux de notre amour; Est-ce donc un malheur d habiter votre cour?
ZASKI-V,
C'est le Mouphti , Seigneur , qui m'a rendu coupable : Vovez comme il jouit du malheur qui m'accable. Des biens que nous goûtions il était en courroux ; De quoi s'avise-t-il de devenir jaloux?
Il épouvante Ulzette , el sa bouche profane Dit que Mahomet veut qu'elle soit Musulmane ,
38 ULZF.TTn HT 7.ASKITf,
Ou birn que nos en("aiil« , qui seront des hàl.inU .
St-ront tous Aes cofjuiiis , (\c> in«'cliauls , des pendards.
rLZKTTF.
R'-Ins! (jue seront-ils? et que pourrnis-jr m rrnindrc » Pnlsqu'rt moiirir bient*)l i! Inndra me rcstteiiidrcî On espère sans doute, en m ôlanl à Zi>kin , Détruire mon amour : mais on I espère en vain ; Je ne suis point , Seigneur, une femme volai;e ; tVIes maux aerumu!«''S accroîtront mon courai^e. Je saurai m affranchir du plus inallieuroux sort; On ne redoute lien , disposant dc la morl,
LE NOUPHTl.
Quoi.' Seigneur, vous souHrc-z un telle licence .'
J'admire de son cœur la superbe constance.
ZASKI.V.
Eh î mapprouveriez-vous , si je l'ahandoonais? Si j en < tiis capable, ah! je n» aWiorrerais. Je causerais la mort dc la p'ns tendre amante ! Cette pensée affreuse est trop désespérante .' Ah ! conservez des jours si purs , si précieux ' Un prince bienfaisant devient semblable aux dieux. Je vous ai secouru dans la dernière guerre ; Ce que j'ai fait alors , je puis encor le faire , TNon*pas par mes sujets , n'avant plus mes états , Mais en menant pour vous les vôtres aux combats: Un cœur reconnaissant est sensible à la gloire . Et je m'acquitterai par plus d une victoire : Cliassant loin de ces lieux d injustes ennemis , Et ma princesse et moi les peupleront d amis ; Mais non de ces amis envieux , lâches y traîtres , Que leurs intérêts seuls allacbent à leurs maîtres. Qui , pour favoriser leurs basses passions , Les remplissent d'erreurs et de préventions. Vous êtes vertueux , vous avez l'âme tendre : Ali .' de votre grand cœur nous devons tout attendre.
LE MOUPHTI.
Quiconque ose au sérail entrer avec effort, iVe doit rien espérer , et mérite la mort,
ULZF.TTE.
Si Zaskin meurt , eh bien , prenez aussi ma vie , Par vous elle va m'ctre ici cleu\ fois ravie.
LF, GRAND-SEIGNEUR.
Levez-vous , mes amis.
LE MOUPHTI.
Comment ! Zaskin vivra?
LE GRAMD-SEIGNEUR.
Si quelqu'un meurt ici , c'est toi seul qui mourra. Muets, obéissez, allons, qu'on ib'cu délivre.
(Les Muels emmènent le Moiiphli.)