GUILLOT, THIBAUT
THIBAUT
J'ai bien peur que nous ne trouvions plus rien aujourd'hui.
GUILLOT
Je ne sais pas où s'est fourré le gibier ; il devient diablement malin.
THIBAUT.'
Ton lièvre est-il fort?
GUILLOT
Mais pas mal.
THIBAUT
Voyons-le.
GUILLOT, lui montrant un lierre.
Il est bien râblé.
THIBAUT
Oui, il y aura de quoi faire un bon civet,
GUILLOT
Tu devrais toujours lui ôter sa peau. Il viendra peut-être encore quelque chose pendant ce temps-là,
THIBAUT
Et si ce diable de garde allait me surprendre?
GUILLOT
De quoi as-tu peur?
THIBAUT
Il est vrai que nous sommes deux.
GUILLOT
Allons , assis -toi au pied de cet arbre-là , et travaille.
4l6 LES BRACONNIERS.
THIBAUT
Je n'ai pas de couleau.
GUILLOT
Voilà le mien.
THIBAUT
Tu feras donc sentinelle?
GUILLOT
Oai , oni. Attends , il me vient une idée : je vais monter sur cet arbre-là ; et si La Rentrée vient, ne crains rien; j'y serai à l'affût du garde et du gibier.
THIBAUT
Eh bien , à la bonne beure.
GUILLOT
Tiens, aide-moi. (IJ monte sur l'arbre.) M'y voilà . Allous , tra- Taille. Mets ton fusil à côté de loi.
THIBAUT
Tu m'avertiras?
GUILLOT
Oui , oui.
THIBAUT
Allons, allons, cela sera bientôt fait, (il dépouille le lièvre.)
GUILLOT
J'entends quelqu'un,
THIBAUT
Qu'est-ce que c'est ? ^
GUILLOT
Je crois que c'est La Rentrée.
THIBAUT
Tout de bon? Je m'en vais.
GUILLOT
Pourquoi cela, ne serai-je pas sur lui à bout portant?
THIBAUT
Oui?
GUILLOT
S'il me voit, il n'approchera pas j et s'il ne me voit pas, tu n'as rien à craindre.
LES BRACONNIERS. l^Xn
THIBAUT
Je t'entends.
GUILLOT
Travaille tranquillement.
THIBAUT
Ne t'embarrasse pas.
GUILLOT
Le Yoilà qui approche.
THIBAUT
c'est bon , c'est bon.