PROVERBE LXII
L'Amoas^ADEUR. — Cliarbonnier doit être maître chez lui.
Chacnn est roi dans sa maisou Et doit y (eoir le limon.
Ceci peut s'entendre en politique comme en morale ; on dit communément f|u'il iaut quatre vivants pour faire sortir un mort de sa maison , pour siynilier qu'un liomme dans sa maison est toujours plus fort que celui qui l'y attaque. Les espagnols disent : con mal esta la casa donde la riieca manda al espada. Cette maison est mal en train où la quenouille commande à I épée.
Voici l'origine de ce proverbe : François i"', s'étant égaré à la chasse, entra dans la maison d'un cliarbonnier qui le prit, à la richesse de ses vêtements , pour un chasseur de la suite du roi. Il le régala à soupei" de son mieux. , mais il s empara de la première place à table eu lui disant qu il ne la cédait à personne , parce que le charbonnier l'iait maître chez lui. Il lui fit manger du sanglier, et lui recommanda surtout de n'en rien dire a« grand nez; c'est ainsi que le peuple appelait ce prince. La suite du roi étant survenue dans le moment, et ayant nommé François i*"*^, le charbonnier se crut perdu et tomba à ses genoux ; mais le prince le rassura, lui pardonna et par la suite même il lui lit du bien.
Un mari et une femme, se disputant à qui porterait le bautde-chaussc, quelqu'un vint à frapper à la porte, la querelle estsuspepdue. Le mari ouvre, et demande ce qu'on lui veut: parler au maître dç. la maison. — Attendez un peu , répond
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le mari , car comme la chose est encore indécise , je ne puis vous dire qui c'est. La dispute reprend de plus belle Jusqu'à ce qu'enfiQ la victoire reste au mari. Il retourne alors à la porte. Je vous apprends , dit-il à celui qu'il v avait laissa, que c'est à moi qu'il faut parler, car Je suis le maître de la maison. Je ne pouvais , il y a un moment, vous en dire autant, avant que nous eussions , ma Jemme et moi, conclu cett' affaire.
Le caractère de Tambassadeur du proverbe, peint assez bien ces intrigants tout bouffis d importance et que rien ne peut rassasier, qui se fondent sur une réputation usurpée de mérite . qu'ils doivent aux. circonstances et aux fluctuations de leur politique versatile, cas Taincants suivant la cour, qui n'ont pas de plus grande occupation que celle de se trouver au lever du prince, de briguer des distinctions et des titres pour couvrir leur nullité. Il v a loin d'eu\ au portrait suivant que ialt Voltaire , portrait dont l'original se retrouve dans un écrivain célèbre qui a su embellir le cbristianisme des couleurs animées de sa brillante imagination , et qui , à la noblesse du caractère, joint tout le feu du génie.
Les vrais ambassadeurs s'apnliqaenl à la fois
A maintenir la paix et le respect des lois;
De la foi des humains discrets dépositaires,
La paix seule est le fruit de leurs saints mioislères :
Des Souverains du moude ils sent les nœuds sacrés,
Et partout bienfaisants , sont partout révéré;.
Les Français disent : La maison est mal en train où la poule chante plus haui que le coq. Molière s'est servi de ce proverbe, et Jean de Meun , surnommé Clopinel, avait déjà dit : '^
C'est chose qui moult me dèplaist Quand poule parle et coq se taist.
Unversde Sopliocle, devenu proverbe, recommande le silence au sexe comme son pius bel ornement. Homère veut, et Erasme à son exemple , que les bommes décident dans '
Ixxxvj'ij entr'actes des proverbes
les nOaircs st-ricuics ; ccpeniLint il faut quelquefois qu'un inari se soujuctte à la nécessité car, suivjuu un autre provcrLe :
Fumrf, pluie , cl femme tant raiton , Châtient l'homme (le ta maison.
PROVERBK LXIIl.
Lk Prince WouRxsBF.nG. — C'tsi Gros-Jean qui remontre (i son curé. (Pag. 109.)
Cesi ce que 1 ou dit d ^a igoorant <|ui veut instruire son maître. Ce proverbe répond à l'adage latiu sus Minervani, soas entendu dm et. I,e pourceau était le symbole de la stupidité, et Minerve, la déesse des arts. >otre proverbe doit pcul-étre son origine à un paysan nonini(' Gros-Jean, qui disputait à son curé la conduite du troupeau. Ces docteurs en sabots ne sont que tropcommunsdaus les villages où ils fontle supplice des curés dont ils paralysent souvent le zèle et les bonnes œuvres, en entravant sans cesse leurs cbarilables projets.
Ce proverbe peut justement s'appliquer à ces appreutis idéologues qui prennent de la politique à la volée Sur les étalages des libraires du Palais-Royal, et qui, dans les accès d'une imagination en délire, ou les irancliées d'une indigestion d idées, pn-leiidenl régenter les peuples et les rois. Imbus des principes destructeurs d'une secte dangereuse, de ces vampires politiques qui, comme leurs analogues, ces êtres fantastiques et de raison, vivent aux dépens de la mort même: ils ont pour fin unique d'arrêter l'ordre établi, et d'entraver sans cesse la marche ei les combinaisons du corps social; comme eux, ils ne veulent ni frein , ni règles, ni droits , ni religion, ni morale, ni principes dans l'univers : ils n'y voyent qu'une nature active poui- le mal, et qu'ils veulent tenir en perpétuelle fermentation; luVe ia mort, tel est leur cri. Ils ressemblent enûu à ces excroissances cbarnues qu'une erreur de la nature a fait naître, et qui pompent avec avidité la substance
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destinée à rentretien el à l'accroissement des muscles indispensables aux mouvements et à Torganisallon du corps humain.
Les Italiens ont un proverbe dont le sens est rendu d'une manière très-expressive, et qui concorde bien avec celui de ce proverbe : papcri voglion nie.nar a ber le ocche, les oisons veulent mener boire leur mère, et les Français, qui pensent toujours aux bagatelles, disent : vous voulez montrer à votre père àj'aire des enfants.