‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 29 sur 339 · M. DE LA RIVIÈRE, IM. DE LA VIGNE, M. BOIVIN, M. RAISIN · texte numérisé non relu

M. DE LA RIVIÈRE, IM. DE LA VIGNE, M. BOIVIN, M. RAISIN

M. DK LA VTGNE, à M. Halsin.

Dame Jeanne est lonibre dans l'escalier, tout est perdu.

M. RAISIN, bas.

Voilà M. le Principal.

IM. DE LA VIGNE

O ciel! qu'ai-je dit.'

M. DE LA RIVIÈRE

Eh bien, messieurs, suis- je en droit, après ce que je viens

dViilen,!re, de vous demander ce que c est que cette dame Jeanne?

M. RAISIN

Monsieur....

M. DE LA VIGNE, bai à M. Raisin.

Laissez-moi répondre.

Vous ne parlez pas?

M. DE LA VIGNE

Mon-ieur le Principal, celte dame Jeanne ne doit pas tous inquiéter.

M. DE LA RIVIÈRE

Pourquoi cela?

M. DE LA VIGNE

HélasI la pauvre malheureuse ne pouvait pas marrlier; on la portait, on Ta laissé tomber dans un escader, et elle est morte.

M. DE LA RIVIÈRE

Elle est morte?

M. DE LA VIGNE

Oui^ monsieur.

56 DAME JE ATM!.

M. DK LA niVlÈRE.

Elle était donc bien grosse?

M. DE LA VIGNE, Oui, monsicar, parce qu'elle «-lait Iivdropique. M. DE LA RIVIÈRE.

Et quel âge avait-elle7

M. DE LA VIGNE

Nous Tignorions, maison nous avait proposé de nous cotiser pour lui faire la ponction, et nous «'tions dix qui nous laisions un plaisir de contribuer à cette opération pour la soulager.

Mes amis, mes enfanls, que vous me rendez satisfaits en m'apprcnant qne vous étiez capables d'une aussi bonne action !

M. RAISIN

Fort bien, la Vigne.'

M. DE LA RIVIÈRE

Mais j'ai à me plaindre de vous réellement.

M. BOIVIN

De nons?

M. DE LA VIGNE

Comment?

M. RAISIN

Pourquoi 7

M. DE LA RIVIÈRE

C'est de ne m'avoîr pas associé à une si bonne œuvre.

M. BOIVIN

Abî monsieur.'...

M. RAISIN

jN'ous n'aurions jamais osé vous le proposer.

M. DE LA RIVIÈRE

Quelle opinion avez-vous donc de moi, mes amis? Si je dois dounei- l'exemple de faire du bien, dois-je trouver mauvais que vous en fassiez?

M. DF. LA VTGNE.

Eh bien . monsieur le Principal , nous convenons de nos torts; mais je crois facile de les réparer. Je sais que cette da- ^ me Jeanne a plusieurs sœurs, et il y en a une qui n"a rien du tout; si ces messieurs veulent continuer, nous ferons ce que nous faisions pour la dcfunîe.

M. DE LA RIVIÈRE

Et vous m'associerez celte fois -ci à celte bonne œuvre7

M. DE LA VIGNE

Puisque vous le voulez bien ^

M. DE LA RIVIÈRE

Ecoulez-moi, combien donniez-vous à vous dix?

M. DE LA VIGNE

Nous donnions un écu, et cela durait tant que cela pouvait.

M. DE LA RIVIÈRE

Pour commencer, je vais vous donner un louis.

M. BOIVIN-

Oh! c'est trop!

M. DE LA RIVIÈRE

Non, non, quand il en faudra encore je vous en donnerai, vous n'aurez qu'à parler.

M. RAISIN

Monsieur le Principal est trop bon.

Vous ferez comme vous avez fait jusqu'à présent.

M. DE LA VIGNE

Monsieur le Principal nous le permet?

M. DE LA RIVIÈRE

Je fais plus , je vous l'ordonne : arrangez cela pour le mieux, je n'en veux pas savoir davantage.

M. BOIVIN

C'est assurément une grande marque de confiance de la part de monsieur le Principal.

58 D\Mn JEANNE.

M. DK LA RIVtÈHF.

A') cl\ , mes anis, (ju t>l-ce qui éUiil chargé lieDamc-Jcanne pour sa .-ul»i>lam'C?

M. RAISIN

Criait La Vi^nc.

M. DF LA RIVIÈRE

Fort bien! c'est uii liouncle g.iicon.

M. DE LA VIGNE

Monsieur....

M. DE LA RIVîEftE.

Tenez , mon enlaiit , v^à mon iouis.

M. DE LA VIGNE

En vous remerciant, monsieur.

M. BOIVIN , ba» aux autra*.

En vérilo, il est liop bon !

c'est conscience de le tromper.

M. DE LA VIGNE

Ma foi, avouons-lui toul.

M. DE LA RIVIÈRE

Eh bien , (]u'est-c«; que vous dites donc là tous les trois?

M. ROI VIN

Nous disons que nous devons vous rendre votre argent.

M. DE LA RIVIERE

Je ne le reprendrai pas.

M. DE LA VIGNE

Mais, monsieur le Principal....

M. DE LA RIVIÈRE

Je ne veux rien savoir de plus , et je m'en vais.

M. BOIVIN

Mais, monsieur... .

M. DE LA RIVIÈRE

Venez seulcmcnl dans une heure me trouver, et nous irons chanter un De prqfundis pour celte pauvre Darae-Jeaune. Adieu, mes enfants, adieu.

DAME JEANNK. lïQ

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