M. DE LA RIVIÈRE, IM. DE LA VIGNE, M. BOIVIN, M. RAISIN
M. DK LA VTGNE, à M. Halsin.
Dame Jeanne est lonibre dans l'escalier, tout est perdu.
M. RAISIN, bas.
Voilà M. le Principal.
IM. DE LA VIGNE
O ciel! qu'ai-je dit.'
M. DE LA RIVIÈRE
Eh bien, messieurs, suis- je en droit, après ce que je viens
dViilen,!re, de vous demander ce que c est que cette dame Jeanne?
M. RAISIN
Monsieur....
M. DE LA VIGNE, bai à M. Raisin.
Laissez-moi répondre.
Vous ne parlez pas?
M. DE LA VIGNE
Mon-ieur le Principal, celte dame Jeanne ne doit pas tous inquiéter.
M. DE LA RIVIÈRE
Pourquoi cela?
M. DE LA VIGNE
HélasI la pauvre malheureuse ne pouvait pas marrlier; on la portait, on Ta laissé tomber dans un escader, et elle est morte.
M. DE LA RIVIÈRE
Elle est morte?
M. DE LA VIGNE
Oui^ monsieur.
56 DAME JE ATM!.
M. DK LA niVlÈRE.
Elle était donc bien grosse?
M. DE LA VIGNE, Oui, monsicar, parce qu'elle «-lait Iivdropique. M. DE LA RIVIÈRE.
Et quel âge avait-elle7
M. DE LA VIGNE
Nous Tignorions, maison nous avait proposé de nous cotiser pour lui faire la ponction, et nous «'tions dix qui nous laisions un plaisir de contribuer à cette opération pour la soulager.
Mes amis, mes enfanls, que vous me rendez satisfaits en m'apprcnant qne vous étiez capables d'une aussi bonne action !
M. RAISIN
Fort bien, la Vigne.'
M. DE LA RIVIÈRE
Mais j'ai à me plaindre de vous réellement.
M. BOIVIN
De nons?
M. DE LA VIGNE
Comment?
M. RAISIN
Pourquoi 7
M. DE LA RIVIÈRE
C'est de ne m'avoîr pas associé à une si bonne œuvre.
M. BOIVIN
Abî monsieur.'...
M. RAISIN
jN'ous n'aurions jamais osé vous le proposer.
M. DE LA RIVIÈRE
Quelle opinion avez-vous donc de moi, mes amis? Si je dois dounei- l'exemple de faire du bien, dois-je trouver mauvais que vous en fassiez?
M. DF. LA VTGNE.
Eh bien . monsieur le Principal , nous convenons de nos torts; mais je crois facile de les réparer. Je sais que cette da- ^ me Jeanne a plusieurs sœurs, et il y en a une qui n"a rien du tout; si ces messieurs veulent continuer, nous ferons ce que nous faisions pour la dcfunîe.
M. DE LA RIVIÈRE
Et vous m'associerez celte fois -ci à celte bonne œuvre7
M. DE LA VIGNE
Puisque vous le voulez bien ^
M. DE LA RIVIÈRE
Ecoulez-moi, combien donniez-vous à vous dix?
M. DE LA VIGNE
Nous donnions un écu, et cela durait tant que cela pouvait.
M. DE LA RIVIÈRE
Pour commencer, je vais vous donner un louis.
M. BOIVIN-
Oh! c'est trop!
M. DE LA RIVIÈRE
Non, non, quand il en faudra encore je vous en donnerai, vous n'aurez qu'à parler.
M. RAISIN
Monsieur le Principal est trop bon.
Vous ferez comme vous avez fait jusqu'à présent.
M. DE LA VIGNE
Monsieur le Principal nous le permet?
M. DE LA RIVIÈRE
Je fais plus , je vous l'ordonne : arrangez cela pour le mieux, je n'en veux pas savoir davantage.
M. BOIVIN
C'est assurément une grande marque de confiance de la part de monsieur le Principal.
58 D\Mn JEANNE.
M. DK LA RIVtÈHF.
A') cl\ , mes anis, (ju t>l-ce qui éUiil chargé lieDamc-Jcanne pour sa .-ul»i>lam'C?
M. RAISIN
Criait La Vi^nc.
M. DF LA RIVIÈRE
Fort bien! c'est uii liouncle g.iicon.
M. DE LA VIGNE
Monsieur....
M. DE LA RIVîEftE.
Tenez , mon enlaiit , v^à mon iouis.
M. DE LA VIGNE
En vous remerciant, monsieur.
M. BOIVIN , ba» aux autra*.
En vérilo, il est liop bon !
c'est conscience de le tromper.
M. DE LA VIGNE
Ma foi, avouons-lui toul.
M. DE LA RIVIÈRE
Eh bien , (]u'est-c«; que vous dites donc là tous les trois?
M. ROI VIN
Nous disons que nous devons vous rendre votre argent.
M. DE LA RIVIERE
Je ne le reprendrai pas.
M. DE LA VIGNE
Mais, monsieur le Principal....
M. DE LA RIVIÈRE
Je ne veux rien savoir de plus , et je m'en vais.
M. BOIVIN
Mais, monsieur... .
M. DE LA RIVIÈRE
Venez seulcmcnl dans une heure me trouver, et nous irons chanter un De prqfundis pour celte pauvre Darae-Jeaune. Adieu, mes enfants, adieu.
DAME JEANNK. lïQ