PROVERBE LXXII
Le Seigneur du village , amoureux, — • // vaut mieux tard que jamais. (Pag. 299,)
Mais il vaut encore mieux venir au benedicite, qu'aux ^mces ; et, comme le dit le proverbe espagnol : Dios os salve, a las sopas que no a la carne. Si tous les grands révolutionnaires pouvaient , ou voulaient prendre la moralité de ce proverbe pour règle de leur conduite , ils abandonneraient sans doute le plan de leur politique expérimentale ; le cours de leurs projets destructeurs, et revenus.de leurs coupables fré-
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DL'sies , ils cherclierdienl, ilans l'ombre du silence et du lemords, à cxpii-r les ni;iuxdnnt ils ont accahU' leur p;ilrie. Wais la tiisU»e me f^aiçiie à de pareils souvenirs, je ne veux point récriminer, je d* sire la paix et la concorde, et je ne prétends pas broyer du noir.
Il V a clans ce provcrhc , un ori:;inal d'apothicaire, M. Canon , (|ui e>t iusinuinl. cl (jui n'arrange j)as mal ses parties au bout du compte. Il n'v a peut-être pas d'état plus diffi-rent de ce qu'il était jadis , (|ue celui dapotliicaire : il est changé devant comme derrière. La cau^licili» des anciens comiques , s'attachait surtout à gloser sur cette prolc^sioii devenue maintenant aussi lucrative qu'honorable ; et les modernes pharmaciens sont à plusieurs siècles des caricatures grossières mais plaisantes de MM. Cii-itore!. Villegas, dans son Knfer, représente les amcs des pharmacopoles , surnageant dans des pots de verre rcniplis de li(jueurs lortes et nauséabondes. Cet auteur espagnol si satirique, entait le tableau suivant : r Tout au contraire des autres hommes (jui se servent de remèdes pour leur salut, ils s'en sont servis pour leur damnation. Ce sont les vrais et les seuls alchin)istes bien plus dignes de ce titre, que les Di'morrile d'Al>dère, que les Avicenne, ou que les Raimond IjuUe , et tous les autres, e\cej)té peut-être ceux qui ont travaillé sur les matières fécales, (aujourd'hui la poudrette) . parce qu'ils se sont tous contentés d'enseigner comment on pouvait faire de lor, sans le faire eux-mêmes , au lieu que les apothicaires ont fait réellement de l or et de l'or tout monnayé avec de l'eau de rivière et quelques racines ; avec des mouches , des araignées, des vipères et toutes sortes d'insectes; avec des matières encore bien plus sales et même avec quelques cbiHûns de papier puisqu ils vendent jusqu'au papier, qui enveloppe leurs drogues , de manière qu'il semble que pour eux seuls , la nature ait donné de la vertu aux herbes, aux pierres cl même aux paroles ; car, Il n'y a pas d'herbes, quelque nuisibles cl vén('neuses qu'elles soient, tùt-ce la ciguë, qui ne leur rendent quelque profit; point de pleries si dures et si sèches, fût-ce la roche vive, fût-ce la pierre ponce, dont
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ils ne tirent de l'argent. Pour les paroles , c'est ce qui leur en rapporte davantage^ écrites ou proférées , elles sont a endues au poids de l'or. Il est bon que vous sachiez que quand ils vous semblent vendre des drogues , ils ne vendent le plus souvent que de grands mots ; et quoiqu'ils n'aient rien de tout ce qu'il vous faut, s'ils voient de l'argent, ils auront de tout: ils ne seront point embarrassés, par exemple, de vous faire de bon quinquina avec des écorces les plus communes ; en sorte qu'on devrait les appeler armuriers plutôt qu'apotbicaires , et leurs boutiques arsenaux plutôt que pharmacies , puisqu'ils (abriquent et tirent de là ces receltes maudites et ces potions meurtières qui tuent bien plus de monde que la dague et le mousquet. »
Les pharmaciens seront les premiers à rire de cette plaisante caricatuî*e. Grâce aux progrès de la chimie, la pharmacie n'est plus un commerce obscur et un travail dans l'ombre. Il faut maintenant des connaissances, du savoir ; rt la considération dont jouissent aujourd'hui dans la socicl('' ces hommes estimables , les dédommage amplement des boufTonneries qui ne sont plus même sur le théâtre qu'une vieille tradition.