‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 307 sur 339 · PROVERBE LXXIX · texte numérisé non relu

PROVERBE LXXIX

L'Habit neuf. ■ — OnJ'ait par force ce qu'on ne fait pas par am itié. ( Pa g . 4 2 5 . )

Tous les baillis sont taillés sur le mêraepatron,bétes et bavards. C'est l'usage sur la scène. La couleur du ridicule ne manque jamais sur la palette qui sert à les peindre, L'interrogant bailli du proverbe qui a de l'esprit à ce qu'il dity fait honneur au corps qui depuis long-temps ne vit plus que dans les annales de la sottise. Il dit au personnage qu'il interroge : cotnment vous appelez-vous , monsieur de Marbeau ? C'est le pendant du chevalier Gaulard qui demandait à un jeune homme que était le plus âgé de lui ou de son frère aînéj ou de cet autrel imbécille qui disait naïvement que s'il connaissait un lieu où l'on ne mourut pas , il irait v finir ses jours.

Ne pourrait-on pas dans l'étatprésent de la scène française, considérer le personnage de bailli, qui est maintenant un être de raison, comme le tvpe de l'espèce des juges iniques ou ineptes quuue organisation bien entendue delà justice doit henreusenicnt rendi'C fort rai'es? Ce serait le plus sur moyen de fronder les vices , sans ridiculiser des citoyens utiles et respect^bies. Thalle, à qui il faut des portraits et des caractères , pourrait désormais meltre dans la bouche des baillis ce qu'elle ne peut, sans causticité et sans raison, attribuer à l'ordre judiciaire en général ; de cette manière , on gourmandera le vice sans s'attaquer aux personnes en suivant le précepte latin: parcere personis , dicere de viiiis.

CXVilj ENTli ACTES DiiS I'hO\ERliLS

T'novi.RHr. i.xw.

Le sot Amf. — Mitii.r mut un ennemi qu'un sot ami. (Pas 447.)

Pour connaître un ami , dit le proverbe italien , il faut manger un nniiti de sel ensemble ; pcr conoscvr un aniicu, /ji.wgnu nmiii^nir un nuigi^io di sale con esso.

Les importuns, eommc M. de La Saiissave tin proverbe, parlent sans cesse et n't'eoulent j «mais; ils nt- savent pas <|ue bien (■eoiiler e'esi presque r«'pondre. C'est alisoluiarnl lauiouclie lia coche.

Aiosi cert.iinea f^ens faisant le& emprenés,

S'iiitru<l>ii>ent daus les afTairet;

Il< font parluiit les néccs-aires.

Et partuut ini|>ortiius devraient être chassi-s.

On gagnerait plus à être bonor»' de leur indilTérence , (|u"à essuyer les démonstrations passionnées de leur amitié. Ils prétendent vous obliger mal;:; ré vous, et ils vous mettent hors d éUil de proliler de leur obligeance banale: leur caractère biouilloi) et leur agitation mania(jue donnent à Finslanl même le dt'inenli à leurs soins empressés, à leurs oflres tie service: peste soit des facbeux de cette sorte, ils feraient renoncer au\ cbarmes de lamilié; défiez-vous des protestalionsstériles et laslui uses ; tel vous oflre cent pistoles <levant le monde qui , dans le Icte à tète , vous en refuserait une. l^ plupart des amitiés, suivant Cbampfort, sont bérisséesde si et de mais, et aboutissent à de simples liaisons qui subsistent à force de sousentendus.

Voici le tarif des vraies amitiés et des fausses amitiés. La véritable amitié est une union de cœur et d'esprit; celui qui a le cnumge de vous éclairer sur vos défauts , cl la bonté de vous pardonner vos sottises , est un véritable ami ; celui qui sait apprécier votre talent, votre esprit, votre mérite e^^t un ami judicieux ; qui sait les mettre eu œuvre et les rendre profitables à vous«mcme, est un ami utile ; celui qui sait auiisi faire

Page 1