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cette dernière faculté, il y en a beaucoup aussi qui, dans l'occasion, lont semblant de l'avoir perdue.
Ce proverbe, par la l'épétilion fort plaisante du chanoine, louanfi;enr du temps passé : Laudator temporis acti; il me semble que j'y suis encore, peut avoir donné lieu à la répétition si usitée au théâtre de certaines locutions qui paraissent d'autant plus plaisantes , que le jeu de l'acteur sait les mieux faire valoir, telles que celîes-ci : Ce n'est pas l'embarras ; ah, par exemple; si je puis nt' exprimer ainsi; vous m'entendez bien; demandez à LazariUe. C'est une peinture fort plaisante de la vie des chanoines dont les noms sont parfaitement analogues aux personnages : aussi disait-on proverbialement ; c'est une vie de chanoine, une existence douce, aisée , tranquille , exempte de soins et d'inquiétude.
Ces chanoines vermeils et brillants de sanlé. S'engraissaient d'une longue tt sainte oisiveté. [Boileau.)
Nos bons auteurs comiques avaient senti le pouvoir des noms qu'ils donnaient aux personnages de leurs pièces, poui* excitera la gaité. Ces noms étaient pour la plupart caractéristiques de la profession de ces personnages, mais ils ne constituaient pas , comme on ie voit souvent aujourd bui , le seul mérite d'une pièce; ils ne faisaient qu'ajouter à la vérité de l'action , aux saidies spirituelies dont leurs pièces étaient remplies. Dans beaucoup de pièces modernes, le nom quelquefois soutient une pièce entière à la faveur dune redite, pour entretenir le spectateur dans f attente continuelle de voir faire et dire au personnage des choses qui justifient son nom , jusqu'à ce qu'enfin on soit désabusé au dénouement. Favard , dans laServante justifiée, s'est égayé dans le rôle d'un paysan qui cherche condition , à lui faire débiter une série compliquée de noms, pour donner le change à sojj interlocuteur. Sous ce masque rustique , un comédien trouve l'occasion de développer tous ses talents devant un personnage de la pièce qui lui demande s il a servi.
LE PAYSAN
Le premier maître que jons sarvi ; s'appelait M. Le Père :
C\\ ENTr'aCTES des mOVERBES
ce M. Le Pire, me tlil un jour; va cliez M. Frère, dis à M. Neveu (juf M. Cousin l'allend chez M, Gerniiiin pour réconcilier lii helle-mere de M. Be.iu-i^endre avec le bcau-pére de M. Beau-fils.
LACTfUR.
Vous avez l'ait votre commission.
LE PAYSAV.
Fort mal , mon bon monsieur ; tout vis-à-vis ma commère attenant ma maraine, un peu en dcca de ma tante, j'ai rencontr»' un de mes oncles (jui ui'a mené chez une de mes sœurs :8tc sœur là m'a lait oublier toute la parenté de M. le Perc Uint v a «ju'il m'a pris par les deux épaules , et qu'il m'a renvoyé chez ma raere.
i/actfur.
"Vous le nn-ritcz bien.
LE PAYSAN
J'entrai deux, jours après au service de M. Le Grand.
l'acteur. J'en connais beaucoup de ce nom-là.
LE PAYSAN
Acoule-moi , me dit nn jour M. Le Graud : va chez M. Le Gras, dis à M. Le (iros f|ue M. Le Long et M. Le Large seront lanlôtcbezM. Le Droit. Chemin faisant , je rencontrai visà-vis M. L'Epais , M. Le Bas qui me raenit chez M. Le Court, où je trinquimcs tant, (|ne je devins M. Le Kond. Le lendemain M. Le Grand qui était très-haut, traita très-mal son valet tres-hnmhic ; j en sortis le cœur gros et le gousset trèsplat.
l'acteur.
Vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-même. le paysan.
Mon troisième maître était un nommé M. Le Noir, bonne personne, et que j'aimais de tout mon cœur. Vn tel , me dit nn jour >L Le Noir, va chez M. Le Blanc, dis à M. Le Gris que M. Le Clair Tira prendre chez INL Le Brun pour présenter mademoiselle le Blond à M. Le Roux. En y allant, je fis
DU TOME IV. Cxlj
rencontrede mon ami L'Olive, j'enlrîmes aux Barreaux verts, où je bûmes tant de vin rouge , que je voyais tout de couleur de rose, M. Le Noir, fâché de me voir gris, prit un batou blanc et battit tant mou habit jaune , que je sortis le corps tout violet.
On dit proverbialement , promettre des monts d'or.
On fait un conte plaisant d'un l'tranger qui , en priant Dieu, disait: lu nous l'a promis seigneur, de nous assister dans nos tribulations, tu ne t'en dédiras pas , car tu n'es pas, normand.
Dans un assez modiijue orage.
Un passager, peu chiche en vœux , Si le secours du ciel le sauvait du naufrage. Promit et pour toujours de ne point manger d'œufs : J'ai fait, dit-il, promesse, en ce moment critique , De n'en manger jamais; délivré que je suis.
Je la tieudrai, mais je m'explique :
De n'en manger qu'ils ne soient cuits.
Passato il pericolo , gabbato il santo. (Prov. ital.)