L'ABBÉ, M. COLLIGER
l'abhé.
Monsieur, je vous (îemande bien pardon ; mais c'est qu'à mon âge il faut .ic meure un peu à son aise.
M. COLLICFR.
Je ne veux pas vous déranj^er. Ou m'a dit, monsieur, que vous étiez au sacre de i -22.
l'abeé.
Ali .' mon Dieu , oui , j"v étais , et je puis vous en parler savamment, c.ir il me semble que j'y suis encore; cela raesl aussi préseut cjue de vous voir là.
M. COLLIGF.R.
Vous avez une beureuse m('nioire,etvous pourriez m'aider prodigieusement dans un ouvrage que je veux faire sur le sacre.
l'abbé.
V'ous ne pouvez pas mieux vous adresser. M. COLLIGER.
On me Ta bien dit à Paris , que si |e pouvais causer nn peu avec vous , je saurais les cboses très-exaetement , et c'est ce qui m'a lait venir.
l'abeé.
Qu'est-ce qu! peut vous avoir dit cela ?
M. COLLIGER
I\l. ['abbé Dubreuil.
l'abpé.
L'abbé Dubreuil? Je ne me rappelle pas bien....
M. COLLIGER
Cela n'est pas nécessaire , jc suis très-pressé....
L'AEliÉ.
Attendez, at'.endez, j'y suis. Jetais étonné de ne me pas souvenir de l'abh '■. Oui. r est ce!a, je me rappelle ù proseiit... Et tenez, mou Irère avait été fort amoureux de sa ijraud mère; il a même pensé l'épouser.
iM. COLLIGER.
Tout cela ne fait rien.
LABBÉ
Pardonnez-moi , je voulais vous Caire voir que je ne l'avais pas oublié.
SCEiNE VIL
L'ABBÉ, M. COLLIGER, Dame MOISIQUE.
DAME MONIQUE , apportant la robÉ-<le-chambre de l'Abhé.
Allons , monsieur le clianoine, voulez-vous mettre votre robe-de-chambre? "
l'abbé.
Sans doute, sans doute. Vous permettez, monsieur? (il met
tn robe-de-cliambre.)
M. COLLIGER, à part.
Je n'aurai jamais le temps de rien savoir de ce que je veux.
DAME MONIQUE
Bon , j'ai oublié votre bonnet de nuit.
l'abbé.
Je n'en ai que faire.
DAME MONIQUE
Vous ne voulez donc plus rien? Kon , non,
DAME MONIQUE
Allons, je m'en vais penser à mon dîner.
92 LE CnAîfOIWE DE REIMS.