‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 5 sur 339 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

ULZEÏTE, ZASKtN.

ULZF.TTE.

Prince, je vous cherchais : évitez-vous Ulzette 7

zaskIu.

Qui? moi, vous ëv^iter! près de cette retraite J'espérais vous revoir; mes moments les plus doux, Vous le savez, sont ceux que je passe avec vous : Vous êtes mon soleil, vous êtes mon aurore. Et sans vous nul beau jour pour moi ne peut éclore.

J'oublie, en vous voyant, ces palais éclatants, Tout ce que j'ai perdu, ces illustres parents, Ceux qui nous destinaient chacun une couronne.

ZASKIN.

Eh! nous l'aurons toujours, si la vertu la donne.

Je ne reproche rien à nos cruels destinsj

Ils ont su nous unir, nous rendant orphelins :

C'est de nous seuls, enfin, que nous devons dépendre,

Et nul mortel sur nous n'aura droit de prétendre.

ULZETTE.

Nous serons lun pour l'antre un constant univers- /

ZASKIN.

Elsclaves de nos cœurs , ils forgeront nos lers.

ULZETTE.

De la simplicité nous goûterons les charmes.

ZASKIN.

En comblant nos désirs , nous vivrons sans alarmes ; Sons cette grotte ici nous passerons les nnits.

ULZETTE.

De ces vergers charmants en savourant les fruits, Tous deux, nous oublierons les grandeurs de l'empire , Ces festins somptueux où roii ne voit point rire , Les vaux-bals , les remparts . tous ces plaisirs bruyants , Où Ion voit s'ennujer les riches et les grands.

Et nous dirons, ce n'est qu'en ces douces retraites Que les félicités sont pures et parfaites.

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