‹ Proverbes dramatiques de CarmontelleChapitre 112 sur 255 · M.JA QUEMIN · texte numérisé non relu

M.JA QUEMIN

Fort bien.

M. LEBLANC

Julie est la femme-de-chambre de mademoiselle de Saint- Genest : je crois que vous lavez vue hier.

M. JAQUEMIN.

Non, je ne la connais pas.

M. LEBLANC

Elle doit être actuellement dans le pavillon à m'attendrcj et au lieu de moi, je veux que ce soit le Chevalier qui s'y trouve: pour cela je lui ai envoyé la clef de la porte du jardin, avec un billet qui le presse de s'y rendre, pour parler à mademoiselle de Saint-Genest. Vous savez comme les amants saisissent avec avidité tout ce qui peut flatter leurs désirs. Je suis sûr qu'il y viendra.

M. JAQUEMIN.

Que voulez-vous que je fasse?

M. LEBLANC

Que vous surpreniez le Chevalier avec Julie dans ce pavillon, où ils seront sans lumière. L'éclat que vous ferez attirera mademoiselle de Saint-Genest, qui deviendra furieuse contre le Chevalier j et j'aurai aussi tout lieu de me plaindre de ce procédé. Vous les amènerez ici, où vous trouverez le père du Chevalier, qui sera très en colère contre son fils, et qui sera

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forcé d'abandonner le projet de lui faire épouser mademoiselle de Salnt-Genest. Elle, dans son dépit, pour se venger du Chevalier, n'aura rien de mieux à faire que de consentir à m'épouser.

M. JAQUEMIN.

Par dépit?

M. LEBLANC

Que m'importe. Voilà la clef du jardin. ..Vous comprenez bien tout cela?

M. JAQUEMIN.

A merveille.

M. LEBLANC

Vous direz qu'on vous a averti qu'il était entré un voleur chez moi par cette porte, et que vous le cherchez.

Oh ! laissez-moi faire.

M. LEBLANC

Voilà Champagne j nous allons savoir...

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