‹ Proverbes dramatiques de CarmontelleChapitre 119 sur 255 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

Mi'e GOTON, M. BATTU.

3llle GOTON , tenant M. Battu sous le bras.

Mais je ne le vois pas par ici 7

M. BATTU

Qui cela, M. Piquepoint?

]jllle GOTON.

Oui, lui-même. Il craint ma mère, il n'osera pas venir.

M. BATTU

Ne vous embarrassez pas ; il a avec lui un gaillard qui ne craint ni le leu ni Teau.

m"« GOTON.

Qui donc cela?

M. BATTU

c'est un perruquier de ses amis , qui vous fait la barbe, et qui vous frise au fer , il faut voir !

j^jlle GOTON.

Mais M. Piquepoint n'est -il pas aussi un habile tailleur?

M. BATTU

Ail ! je vous en réponds j c'est lui qui m'a retourné cet liabit-là. Voyez s'il y paraît.

M^Je GOTON.

S'il pouvait changer de même la haine que ma mère a pour la sienne !

M. BATTU

Ah dame I écoutez donc , la haine ne se met pas à la calandre comme le drap ; mais on lui donne quelquefois du fil à retordre. Vous l'aimez donc bien M. Piquepoint?

m"« goton.

Je serais trop ingrate si je ne l'aimais pasj^ c'est une ancienne connaissance : ma mère m'avait mise en couture chez la sienne j c'est là où j'ai appris mon métier , et vous sentez bien qu'on ne se voit pas comme cela de près sans se dire un mot.

M. BATTU

Sans doute , et c'est une bonne raison. Enfin , vous verrez si ce que j'ai imaginé ne réussira pas.

jyjlle GOTON.

Je sais bien qu'après vous il faut tirer l'échelle auprès de ma mère ; mais si enfin , quand elle saura son nom , elle ne voulait pas entendre parler de lui?

M. BATTU

Je vous dis que cela n'arrivera pas. J'entends les affaires apparemment 5 je ne suis pas huissier pour rien.

]yille GOTON.

Allons , tant mieux ; parce que , quand on a pris une fois , comme on dit, de l'amour pour un quelqu'un, il serait bien chagrinant après d'être obligée de songer à en prendre pour une autre personne.

M. BATTU

INe craignez rien. Tenez, le voilà M. Piquepoint.

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