‹ Proverbes dramatiques de CarmontelleChapitre 140 sur 255 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

M. BREMIN, M DE BELRONDE, LAFRANCE , SAINT-

JE AIN , portant la poule de mer.

M. DE BELRONDE.

Voyons. (Oniaiuimoutre.^lie a bouuc mine, docteur.

M. BREMIN.

Tant mieux I

M. DE BELRONDE.

Mais si f en mangeais , rien que....

M. BRE3IIN.

Pouvez-vous faire Tenfant comme cela ! Buvez , buvez.

M. DE BELRONDE.

Buvons donc. (Uboit.) Docteur, cela me relâchera Testomac?

Cela doit tout relâcher. Buvez peu à la fois*

M. DE BELRONDE.

Que dites-vous de la poule?

M. BREMIN, la bouche pleine.

Bien fraîclie,

M. DE BELRONDE.

Buvez donc aussi vous.

M. BREMIN.

Je ne demande pas niieuxj je suis raisonnable, moi. (ntend

son verre.)

M. DE BELRONDE.

Je le serais bien à pareil prix.

M. BREMIN.

Je m'en vais boire à votre santé, (iiboit.)

M. DE BELftONDE.

En vous remerciant, cher docteur.

LAFRANCE.

Monsieur ne pourra-t-il pas manger une soupe du moins?

M. BREMIN.

Nous verrons cela quand je reviendrai.

LAFRANCE.

C'est que sans cela

M. BREMIN.

]Ne craignez-vous pas qu'il ne meure de faim? Voilà comme ils sont; ils croient, lorsqu'ils sont malades, qu'il faut toujours maneer.

LAFRANCE.^

Mais, monsieur....

M. BREMIN.

Si vous saviez combien il meurt de gens dans les hôpitaux, pour avoir des amis imprudents qui leur apportent à manger, vous ne diriez pas cela.

M. DE BELRONDE.

Ils n'en croient rien. Que voulez-vous que l'on vous donne à présent, docteur?

M. BREMIN.

Pas la moindre chose; je m'en vais boire un coup et m'en aller tout de suite. (U Loir.)

M. DE BELRONDE.

Vous ne voulez pas de la compote, une poire?

M. BREMIN.

Non; Ton m'attend pour une consultation, (il se lave la bouche,

puis il se lève.) AllonS, VOyOUS VOtrC pouls. (Il lui tâte le pouls.) Cela

va un peu mieux : nous verrons ce soir.

Croyez-vous que vous serez obligé de me faire saigner?

M. BREMIN.

C'est selon que je vous trouverai.

M. DE BELRONDE.

Ne m'oubliez pas, je vous prie.

M. BREMIN.

Vous n'avez pas besoin de me prier. Allons, tranquillisez-

vous, et buvez. (Il s'en va.)

M, DE BELRONDE.

A ce soir, docteur.

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