SCENE PREMIÈRE
M. GOURCHON, M^e ADÉLAÏDE , SAIIST-AINDRÉ.
M. GOURCHON, en colère.
Ces animaux-là ne prennent garde à rien.
SAINT-ANDRÉ
Mais , monsieur
M. GOURCHON , en colère.
Je ne parle pas à vous ^ cependant vous auriez pu le voir comme moi.
Ml'e ADÉLAÏDE.
Papa , qu'est-ce qui vous fâche donc si fort?
M. GOURCHON.
Vous n'êtes jamais ici non plus^ vous.
IVl"« ADÉLAÏDE.
Mais ne m'avez -vous pas permis d'aller chez madame le Roux?
M. GOURCHON.
Oui, et j'ai eu tort.
M'^e ADÉLAÏDE.
Parce que c'est son jour d'assemblée aujourd'hui.
M. GOURCHON.
Oui, d'assemblée! Il faut faire ses affaires premièrement, et puis l'on s'amuse après -, ce n'est pas en allant chez les autres que l'on sait ce qui se passe chez soi.
m11« ADÉLAÏDE.
Qu'est-il donc arrivé ?
56o l'ane
M. GOURCHON.
Le jardinier et son fils sont dans le jardin , à ce qu'ils disent
SAINT-ANDRÉ
Oui , monsieur, ils y étaient.
M. GOURCHON.
Ils y étaient , ils y étaient , et ils ne le voient pas l
m"<^ ADÉLAÏDE.
Mais quoi?
M. GOURCHON.
Je m'en vais vous le dire. J'étais à écrire dans le petit cabinet ici à côté : tout d'un coup je ne vois plus clair ; je crois que le temps se couvre , ou bien qu'il y a une éclipse. Je lève la tête , et je vois un àne tout contre ma fenêtre , qui m'ôte le jour, et qui mange les cboux de mou jardin.
m"« ADÉLAÏDE.
Un âne ! Et par où est-il entré 7
M. GOURCHON.
Ils n'en savent rien , à ce qu'ils disent. Je les appelle tous les deux , Robert, Pierrot j ils ne répondent pas le mot , et l'àne mange toujours mes choux d'autant.
SAINT-ANDRÉ
En vérité , monsieur, ils n'entendaient pas j car j'étais avec eux.
M. GOURCHON.
Si vous aviez été ici , je n'aurais pas été obligé de crier si Ion g -temps.
M"e ADÉLAÏDE.
Eli bien , l'âne est-il sorti?
M. GOURCHON.
Non -y ils n'ont jamais pu l'attraper.
SAINT- ANDRÉ
Mais , monsieur, il n'a point de licou ; on ne saifpnr où Ip prendre , et il rue comme nu diable.