SCENE IV
M. GOURCHON, M^e ADÉLAÏDE , M. BROUTE.
SAINT-ANDRÉ
M. BROUTE
Bonjour, mon cher ami Gourchon.
M. GOURCHON.
Allons, monsieur le docteur, asseyez-vous.
M. BROUTE
Non , mon cher ami -, il faut que je vous embrasse avant.
(Il l'embrasse, et il s'assied.)
M. GOURCHON.
Qu'est-ce qu'il y a?
M. BROUTE
Allons doucement, allons doucement.
M. GOURCHON.
Oui j mais j'ai affaire , moi.
M. BROUTE
Allons doucement, vous dis-je....Vous connaissiez M. du Mortier 7
L'apothicaire d'ici?
M. BROUTE
c'est cela même.
M. GOURCHON.
Qu'est-ce qu'il lui est arrivé? est-ce qu'il est mort ?
564 l'anè
M. BROUTE
C'est cela même.
M. GOURCHON.
Eh bien , que voulez-vous que j'y fasse?
M. BROUTE
Il est mort aujourd'hui..., oui , aujourd'hui , cette aprèsdînée.... Je crois que c'est ce matin..., non, c'est ce soirj c'est égal.
M. GOURCHON.
Après, après?
M. BROUTE
Allons doucement, allons doucement. Il est donc mort. Oui , il est mort d'un coup de sang.
M. GOURCHON.
Finissez donc.
M. BROUTE
Allons doucement, allons doucement. Il a été malade trois jours.
m"o ADELAÏDE.
Saint- André , et l'âne?
M. BROUTE
Mademoiselle, ce n'est pas à vous que je parle.
M"e ADÉLAÏDE.
Je le sais bien , monsieur.
M. GOURCHON.
Réponds donc , toi , quand on te demande.
SAINT-ANDRÉ
Il n'est pas encore sorti , monsieur.
M. GOURCHON.
Les bétes !
M. BROUTE
Ecoutez-moi donc , mon cher ami.
M. GOURCHON.
Oui ; votre cher ami , vous ne dites rien.
M. BROUTE
Allons, doucement, allons doucement. Il est donc mort d'un coup de sang. Il a été malade trois jours.
DAKS LE POTAGER. 365
M. GOURCHON.
Cela ne fait rien , il est mort. Tout est dit.
M. BROUTE
Oui , il est mort j mais tout n'est pas dit. Allons doucement, allons doucement.
M. GOURCHON.
Doucement tant que vous voudrez ; mais vous feriez bien de vous aller coucher : vous me diriez le reste demain.
M. BROUTE
M'aller coucher, mon cher ami ! Je ne vous reconnais pas là.
m"* ADELAÏDE.
Papa, écoutez-le.
M. GOURCHON.
Oui , mais il ne dit rien.
M. BROUTE
Allons doucement , allons doucement 3 écoutez-moi.
M. GOURCHON.
Mais je vous écoute depuis une heure. Vous dites toujours la même chose.
M. BROUTE
jNon, non. Allons doucement, allons doucement. Il est donc mort. Ils ne se sont pas adressés à moi, ainsi ce n est pas ma faute.
M. GOURCHON.
Oui, je crois que vous auriez fait de belle besogne!
M. BROUTE
Écoutez-moi j vous ne savez pas tout.
Je ne vous empêche pas de le dire.
M. BROUTE
Allons doucement, allons doucement. J'étais chez moi bien tranquillement
M. GOURCHON.
Je Je crois.