M. POMART, ÉZÉCHIEL, LE GARÇON
M. POMART.
Parbleu , je viens de voir une drôle d'histoire, dans la petite rue qui tourne à gauche , dans l'autre qu'on appelle
N'est-ce pas un monsieur qui courait l'épée à la main après un autre?
M. POMART.
Oui j est-ce que vous savez ce que c'est?
LE GARÇON
Us sortent d'ici. Ils étaient deux assis là , quand il en est ve-
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nu un troisième qui a donné un soufflet à l'un des deux ; aussitôt celui qui a reçu le soufflet a tiré son épée et Ta poursuivi.
M. POMART,
Eh bien, c'est cela même. Il avait reçu un soufflet, cela est bien vrai?
LE GARÇON
Pardi, demandez à M. Ézéchiel, il Ta vu.
M. POMART.
Cela n est pas possible,
LE GARÇON
Mais pourquoi ne voulez-vous pas me croire?
M. POMART.
c'est que, s'il avait reçu un soufflet, il aurait été obligé de se battre.
Ils se sont battus aussi.
M. POMART.
Et je vous dis que non.
LE GARÇON
Mais je vouS demande pardon.
M. POMART.
Je vous dis, moi, que j'ai vu celui qui avait l'épée à la main , la remettre dans le fourreau quand il a eu rejoint celui qu'il poursuivait, et qu'ils se sont mis tous les trois à rire comme des fous.
LE GARÇON
A quoi cela serait- il bon?
M. POMART.
Je n'en sais rieuj mais je l'ai vu, et c'est ce qui m'a paru plaisant.
ÉZÉCHIEL
Et monsieur, je puis demander, vont-ils revenir ici présentement?
M. POMART.
Je ne crois pas • car ils marchaient fort vite, et ils tournaient le dos à ce quartier-ci.
ÉZÉCHIEL
Mais moi, quest-ce que je dois donc faire présentement?
M. POMART.
Sur quoi?
LE GARÇON
C'est que celui qui a reçu le soufflet, lui a acheté une tabatière de trente-neuf louis.
M. POMART.
Oh bien, voilà ce que c'estj il ne la verra jamais.
ÉZÉCHIEL
Oui; mais il a laissé son bourse ici, il faudra bien qu'il vienne pour reprendre. La voilà.
M. POMART.
Ah! cela est différent^ je ne comprends pourtant pas....
LE GARÇON
Que conseillez-vous à M. Ézéchiel, monsieur?
M. POMART.
De compter ce qu'il y a dans la bourse, de prendre ses trente-neuf louis, et de vous laisser la bourse pour la rendre quand on viendra la redemander.
LE GARÇON
Vous serez donc témoin?
M. POMART.
Oui, je le veux bien.
ÉZÉCHIEL
Allons, compte je vous prie avec moi. (il dénoue la bourse el n'y
trouve que des liards.) Ah, je suis pcrdu! Il n'y a quc des liards.
M. POMART.
Ils vous ont attrapé.
ÉZÉCHIEL, pleurant.
Je vais courir après. N'est-ce pas à droite?