SCENE IV
M'-e DE MONGAST, M. DE SAINT-GUY.
Mn^e DE MONGAST.
Je le vois , monsieur, rien ne peut vous consoler de madame de Bonpart.
M. DE SAINT-GUY
Que vous , madame , je vous Tai déjà dit j mais je crains bien que Tamour que vous m'avez inspiré, ne soit pour mol une nouvelle source de malheur.
Mme DE MONGAST.
On a dit quelque part que Ton n aimait véritablement qu'une fois en sa vie j et la passion que vous avez eue a été si vive , qu'il vous serait impossible d'en avoir encore une pareille.
MALGRÉ LUT. /jSj
M. DE SAINT-GUY
C'est un moyen d'éloigner honnêtement de tous un homme qui ne saurait vous plaire.
M™° DE MONGAST.
Pourquoi cela? Je ne vous comprends pas. D'ailleurs vous pourriez croire que vous m'aimez réellemenrt, vous tromper, et me tromper moi-même.
M. DE SAINT -GUY
Moi, madame?.
M™" DE MONGAST.
Je ne dis pas que vous en ayez le projet; car cela serait affreux, convenez-en.
M. DE SAINT-GUY
Je le vois bien, vous ne m'aimerez jamais, et je le mérite.
Mme £)E MONGAST.
Pourquoi donc?
M. DE Sx\INT-GUY.
Cela serait inutile à direj c'est une juste punition de l'erreur où j'étais. Je ne croyais pas que je pusse jamais vous aimer tant, lorsque je me suis attaché à vous; et jé|^ens que les âmes honnêtes et sensibles ne doivent jamais craindre d'être capables de trahison.
M"'® DE MONGAST.
Votre douleur me paraît si vraie, qu'elle me touche réellement.
M. DE SAINT-GUY
Quoi, madame, serais-je assez heureux....
jyjme pg MONGAST, se levant el laissant tomlier le billet de M. de Valpierre.
Non, monsieur, vous ferez bien de me fuir.
M. DE SAINT-GUY, lisant le billet.
Que vois -je?
M^^ DE MONGAST.
Que lisez-vous là monsieur?
488 l'amant
M. DE SAINT-GUY
Mon arrêt, madame. Vous aimez, et c'est Valpierrej je suis perdu!
aime DE MONGAST.
Que dites-vous?
M. DE SAINT-GUY
Cesl son écriture. Ah, madame! que pouvez-vous espérer avec lui, s'il traliit pour vous madame de Fom^ville? Il avait bien raison de m assurer que vous ne m'aimeriez jamais.
]Vimc j)E MONGAST.
Vous croyez que j'aime M. de Valpierre?
Hélas, il n'est que trop vrai pour mon malheur! Je croyais ne pouvoir plus almerj mais l'excès de ma douleur me prouve que je nai jamais aimé comme je vous aime.