M. ROBINEAU, ETIENNE
M. ROBINEAU LE FILS, d'un air occupé.
Etienne ?
ETIENNE
Monsieur?
M. ROBINEAU LE FILS
Tenez....
ETIENNE
Voulez-vous vous habiller?
M. ROBINEAU LE EILS.
Non, pas encore.
ETIENNE
C'est que j'ai affaire.
5oO LE COMÉDIEN
M. ROBINEAU LE FILS
Vu moment. Tiens-toi là. (U le place à la droite dn théâtre.) ETIENNE.
Pour quoi faire?
M. ROBINEAU LE FILS
Tu seras Junie.
ETIENNE
Junie?
M. ROBINEAU LE FILS
Oui, moi, je fais Brilannicus.
ETIENNE
Ma foi , VOUS ferez tout ce que vous voudrez j mais il faut que je m'en aille.
Je ne te demande qu un instant j c'est pour répéter une scène que M. le Kain vient de me montrer.
ETIENNE
Quoi, c'est encore de votre comédie?
M. ROBINEAU LE FILS
Ce n'est rien, te dis-je.
ETIENNE
Après ce que vous avez promis à M. votre père?
M. ROBINEAU LE FILS
Tu n'auras rien à dire.
i:TIENNE.
Comment, rien à dire? Et si je ne lui dis pas que vous voulez toujours jouer la comédie, il me chassera.
M. ROBINEAU LE FILS
Mais je ne la jouerai pas, je ne veux que répéter.
ETIENNE
Répéter, répéter....
M. ROBINEAU LE FILS
Oui, tiens-toi donc là, et ne parle pas. ETIENNE.
Allons, mais....
BOURGEOIS. 5oi
Tais-toi donc. Ah çà, voyons, j'entre par ici. (il marche tragiquement, et il déclame.)
(i)« Madame, quel bonheur me rapproche de vous? )) Quoi .' je puis donc jouir d'un entretien si doux ?
Ce n'est pas cela. (Il recommence.)
(( Madame, quel bonheur me rapproche de vous? » Quoi! je puis donc jouir,...
Je suis trop près. Recommençons. (lise retourne pour s'éloigner,
et Etienne se sauve. Il le suit.)