‹ Proverbes dramatiques de CarmontelleChapitre 251 sur 255 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

M. DESPRFX'ILS , en robe-de-chambre, M'"^ DENERÊE , LE CHEVALIER, Mme BABAS mangeant. LA ROCHE ET LA FLEUR portant M. Despreuils.

LA ROCHE

Tiens , par ici. Avance encore : posons -le là.

M"e BABAS.

Un pen plus avant : fort bien.

M. DESPREUILS.

Eh ! tu me fais mal au cou , toi , la Roche.

LA ROCHE

Oh que non^ monsieur.

M. DESPREUILS.

Eh parbleu , je le sens bien , apparemment.

LA ROCHE

Vous VOUS trompez , monsieur.

M. DESPREUILS.

Comment, je me trompe?

LA ROCHE

Assurément , est-ce que les morts sont sensibles?

BI. DESPREUILS.

Ah ! tu as raison ; je n'y pensais pas,

Mme BABAS.

La Roche , allez- vous-en boire un coup avec la Fleur, et n'oubliez pas de manger au moins , car vouî> voyez où mène la diète.

LA ROCHE

Oh ! laissez , laissez-nous faire , ne soyez pas en peine de nous.

M. SOBRIN

Cela doit être. Oh l j'étais sûr de mon fait. Il faut le réveiller.

M™P BABAS

Non , monsieur j laissez , je vous prie, reposer mon pauvre maître j vous voudrez peut-être encore le saigner.

M. SOBRIN

Non , je vous en donne ma parole d'honneur; d'ailleurs il ne doit plus en avoir besoin.

LE CHEVALIER

Vous le croyez , docteur?

M. SOBRIN

Quand je vous dis que j'en suis sûr. Allons, monsieur Despreuils.

M. DESPREUILS.

Ah! c'est vous, docteur?

M. SOBRIN

Oui , c'est moi. Donnez-moi votre bras. Fort bien : il n'y a plus d'agitation.

M. DESPREUILS.

Ah î docteur, j'ai fait un terrible rêve.

M™e BABAS.

Ah î s'il prend cela pour un rêveî

Mme DENERÉE.

Ne dites donc rien , madame Babas.

t M. DESPREUILS.

Je me suis cru mort.

M. SOBRIN

Eh bien, vous ne le croyez plus?

M. DESPREUILS.

Non , vraiment , je me sens même assez de force.

M. SOBRIN

C'est moi qui vous ai tiré de là.

M. DESPREUILS.

Vous?

ixi. 35

M. SOBRIN

Oui , avec uu températif que je vons ai fait donner.

Je ne me souviens pas. . .

LE BRUN

Je m'en souviens Lien, moi.

M. SOBRIN

Ne vous Ta-t-on pas remis pour le faire prendre à M. Despreuils?

LE BRUN

Oui , monsieur j mais comme vous ne vouliez pas croire que c'était la diète qui Tavait mis dans Tëtat où il était , madame Babas et moi nous lui avons fait manger une cuisse et une aile de poulet : il a bien dormi j il se porte à merveille, et voilà votre tempéralil' que j'avais gardé dans ma poche.

M. SOBRIN

Quoi! vous Tavez fait manger?

^ime BABAS.

Oui, monsieur 5 tenez, voilà les restes du poulet et du vin.

Page 1