M'"® DE 3I0US0N
Président, passons dans le sallon.
LE PRÉSIDENT
Non, madame; il faut savoir auparavant si madame de Saint- Clair voudra souper ici.
M™e DE SAINT-CLAIR.
Oui, oui, Président, tons mes scrupules sont levés.
LE PRÉSIDENT, à madame de Saint-Clair.
Les miens ne le sont pas tout-à-fait. Je vous ai fait une tra-
LE BOSSU. 147
hison abominable, j'en conviens j mais vous m'aviez traité avec trop de mépris. J'ai voulu vous prouver que j'étais plus digne que vous ne pensiez, d'être aimé d'une bonnête femme^ et après vous avoir tout avoué, je dois vous apprendre aussi que ce n'est que madame de Mouson pour qui je puisse vivre, et que je l'épouse.
M"»® DE SAINT-CLAIR
Quoi! monstre....
LE PRÉSIDENT
J'ai pu vous le paraître jusqu'à présent^ mais je vais me
montrer tel que je suis. (Il ôte son bandeau, et fait disparaître sa bosse.) Mme DE SAINT-CLAIR.
Que vois-je!....
M™e DE MOUSON.
Est-il bien possible! ....
LE PRÉSIDENT
Oui, madame, je ne suis point le Président de Rouvigny; mais son frère, le cbevalier de la Millière, lami de Pirmont, qu'une affaire d'honneur avait fait cacher sous le nom du Président,
M™e DE MOUSON.
Et vous m'avez laissé ignorer tout cela? Ah, Chevalier!,...
LE PRÉSIDENT
Je voulais vous venger de madame, avant de vous rien apprendre, afin que vous ne puissiez pas Fempécher : ce que vous auriez sûrement fait, si vous aviez tout su.
M™e DE SAINT-CLAIR, avec dépit.
Monsieur de Pirmont, donnez-moi la main, je vous prie.
Quoi, madame, vous ne soupez pas ici?
M™'' DE SAINT-CLAIR
Je ne veux les revoir de ma vie. (Ole «en va.)
LE PRÉSIDENT
Pirmont, tu reviendras?
M. DE PIRMONT.
Sûrement.
l48 LE BOSSU.