‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 110 sur 382 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

de mon mari ; mais depuis quelque temps surtout, il s'en faut bien qu'il soit aussi ferme que nous l'avons connu.

M. DALivoix (à maître Feuillet qui rit). Qu'a-t-il donc à rire, ce maître Feuillet? Retirez-vous en arrière. Ce que nous disons vous regarde-t-il ?

MAITRE FEUILLET (d'uu ton gogueuard). Peut-être ben, monsieur Dalivoix.

(Ici plusieurs paysans et paysannes sortent de l'église; les uns ne

font que traverser le théâtre, les autres s'arrêtent et paraissent

causer ensemble.)

M. DALIVOIX (toujours à maître Feuillet). Allons, laisseznous, et allez avec les vôtres. (Maître Feuillet se relire un peu en arrière.) Madame la comtesse, j'ai l'avantage, moi, d'être toujours ce que j'ai été, un véritable chevalier sans peur et sans reproche. Quand on en sera aux coups de main, je le prouverai.

(Il trébuche.)

FiRMiN (le soutenant). Monsieur Dalivoix, conservez- vous pour ce moment-là.

M. DALIVOIX. Jeune homme, jeune homme, on peut avoir les jambes faibles et l'àme forte. Je veux que le peuple ne soit que ce qu'il doit être, rien.

MAITRE FEUILLET (au paysaus à demi-voix). Il veut que le peuple ne soit rien.

MADAME DE SAiNT-CHÉRON. Ne parlez pas si haut, monsieur Dalivoix.

M. DALIVOIX (parlant encore plus haut). Ah ! ah ! madame, le moment est venu de ne plus nous cacher; il faut bien qu'ils s'accoutument à ce langage-là ; bientôt on ne leur en parlera plus d'autre. Oh bien oui! Vous verrez, vous verrez mes lettres. Nous voulons en finir une fois pour toutes avec la démocratie.

MADAME DE SAINT-CHÉRON. C'est bon, c'est bon, mousiour Dalivoix. Je vous attends à dîner.

M. DALIVOIX. Nous pouvous montrer les dents ; vous verrez mes lettres; vous entendrez mes petits jeunes gens. Les petits enragés I

MADAME DE .SAiNï-CHÉRON. Prenez donc garde , monsieur

Dalivoix. Firmin, donnez le bras à monsieur Daiivoix jusque chez lui. Je compte sur vos deux jeunes gens, monsieur Dalivoix. Viens, Christine. A tantôt, monsieur Dalivoix.

(Elle sort avec Christine et mademoiselle Dunoyer.)

FIRMIN. Appuyez-vous sur moi, monsieur Dalivoix.

M. DALIVOIX. Je crois que ce n'est pas un appui bien sûr, libéral que vous êtes ; mais le temps n'est pas bien loin où ce sera vous qui aurez besoin de vous appuyer sur moi.

FIRMIN. PamTe monsieur Dalivoix !

(Ils sortent tous les deux.)

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