‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 149 sur 382 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

L'ARCHEVÊQUE, madame DE BERTHENAIS, LAURENT et madame BOUVARD.

madame de berthenais. Votre portrait en pied, dans mon salon, sera pour faire mourir de cha.nrin madame de Rémira qui n'a dans le sien que quelques croûtes d'aïeux que certainement nous ne voudrions pas avouer.

l'archevêque. Avec tout cela, petite, vous ne vous apercevez pas que vous m'entraînez toujours dans des dépenses considérables.

madame de berthenais. C'est moi qui pourrais vous faire ce reproche, mon cher oncle.

l'archevêque. Vous !

MADAME DE BERTHENAis. Sans doule. N'avez-vous pas fait rebâtir l'aile qui manquait à mon château? Ce n'est pas par vanité, je le sais bien ; c'est par esprit de famille...

l'archevêque. Je ne pouvais pas laisser incomplet le berceau de nos aïeux ; mais cela m'a coûté cher, près de cinquante mille écus.

MADAME DE BERTHENAis. 11 fautquoje le meubls à présent ; voyez où cela va me conduire.

l'archevêque. On y pourvoira, méchante espiègle; on y pourvoira.

JUDAJIE DE BERTHENAIS (lui baisaut la main). On ne peut rien vous dire, bon oncle. Mais pour votre appartement, par exemple, c'est nous qui nous en chargeons ; mon mari et moi nous l'avons bien décidé. Ne nous contrariez par làdessus.

l'archevêque. Je ne veux rien de somptueux, pensez-y ; rien qui sente le luxe. C'est très-sérieux.

madame de berthenais (avec enjouement). Du luxe! Non, non, cher oncle, pas de luxe. C'était bien notre intention. Du velours rouge tout uniment (Bas à son oreille), pour n'avoir rien à changer quand vous serez cardinal.

(Elle baise la main de l'archevêque et sort.)

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