SCÈNE XXI
L'AKCUEVÉQUE, mademoiselle VÉRONIQUE, LALREM, MADAME BOU^'ARD.
MADAME BOUVARD. Nous aurons le camail et le rochet pour demain matin ; Sophie Francelet vient de me les promettre.
LAURENT. Cela ne m'étonne pas.
l'archevêque. C'est une très-bonne nouvelle. (A mademoiselle Véronique.) Dites-moi, mademoiselle, êtes-vous habile en couture?
MADEMOISELLE VÉRONIQUE (souriaiit d'uu air de supériorité). Monseigneur doit savoir que ce n'est pas le faible des femmes artistes.
MADAME BOUVARD (bas à Laurent). Quel est donc son faible, à cette demoiselle?
LAURENT. Les acadamies d'après la bosse.
MADAME BOUVARD. Sainte Vierge! (A l'archevêque.) Monseigneur, ce n'est pas ce qu'il nous faut ici ; car je devine que mademoiselle est la fille de monsieur Ducherain, qui veut supplanter nos bons Francelet.
MADEMOISELLE VÉRONIQUE. On ne cherche à supplanter
personne, madame. On a l'honneur d'être connu de monsieur le grand-vicaire, et quand monsieur le grand-vicaire vous a dit une chose, on peut croire qu'on ne supplante pas en demandant une place qu'on croyait vacante.
l'archevêque. J'aviserai, mademoiselle.
MADEMOISELLE VÉRONIQUE. Je supplio Seulement Votre Eminence...
MADAME BOUVARD (à mademoiselle Véronique). Monseigneur a dit : J'aviserai ; il n'y a plus rien à ajouter.
MADEMOISELLE VÉRONIQUE. Cependant...
LAURENT (la conduisant doucement vers la porte). Monseigneur a dit : J'aviserai.
(Mademoiselle Véronique sort avec les signes du plus violent dépit.)