‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 180 sur 382 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

de petit cousin qu'elle donne à monsieur Benjamin. Serait-il de la famille, par hasard?

MADAME LORI. C'est Une façon de parler, comme on dit généralement pour désigner vos deux orphelins, les enfants de madame Ledoux, quoiqu'on sache fort bien que monsieur Ledoux n'était pas leur père.

M. LORI. Jamais je ne me suis autant amusé. M.iDAME DURAND (à M. Lori ). Monsieur, faites vos réflexions. Si vous restez davantage avec cette femme, vous pouvez renoncer à mon héritage.

MADAME LORI. Il v a longtemps que j'ai prévenu monsieur qu'il n'a rien à perdre de ce côté, et que vos dispositions sont faites en faveur d'un mortel qui \ous est plus cher. MADAME DURAND. Mon neveu, que veut-elle dire? MADAME LORI. Demandez à madame Ledoux.

MADAME DURAND. Ma sœur !

MADAME LEDOUX (embarrassée). En vérité, si je comprends...

MADAME LORI. Il faut donc que je vous remette sur la voie. Je vous ai prévenues, mesdames, de ne pas pousser les choses trop loin. Vous n'avez tenu aucun compte d'un avis prudent; ce n'est pas ma faute.

.MADAME LEDOUX. Allous-nous-en, ma sœur.

MADAME DURAND. Xon Certainement.

MADAME LEDOLT. J'cspèro bien, madame, que vous n'abuserez pas d'un secret qui n'est pas le vôtre et que vous avez promis de garder.

MADAME LORI. Je VOUS demande pardon, madame Ledoux ; vous me jugez plus favorablement que je le mérite. Je suis une ingrate ; je vais abuser de la confiance que vous avez eue en moi ; malheureusement j'y suis forcée. Votre motif était si louable! Vous n'avez fait l'aveu du testament de votre sœur que pour décider le mariage de monsieur Coco, son filleul, avec Maria, ma femme de chambre, qui ne l'aurait pas épousé sans cela.

MADAME DURAND. Qu'entends-je ! Coco esl marié ! MADAME LORI. Ce pauvro garçon en perdait la lèlc. MADAME DURAND. Cela n'est pas possible ! Kt avec une

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femme de chambre ! et c'est madame Ledoux qui s'est prèlée à cette infamie! Au reste je la reconnais bien là. (A madame Ledoux.) Vous avez espéré qu'en apprenant ce mariage j'abandonnerais ce monstre de Coco, et que vous tourneriez à votre profit et à celui de vos... Ne remettez plus les pieds chez moi ; je ne veux vous voir de ma vie.

MADAME LEDOL'x. Comment donc, ma sœur?

MADAME DURAND. Xe m'appelez plus votre sœur; je vous renie, et je vais divulguer partout l'histoire du testament que vous avez fait en faveur de vos deux magots. 0 ciel ! Coco marié !

(Elle sort avec tous les signes du désespoir.)

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