‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 2 sur 382 · IV · texte numérisé non relu

IV

MADAME CARRÉ (iui donnant une boîte). Tiens, petite, vois si ces bracelets sont aussi jolis que ceux dont tu me parlais l'autre jour.

viCTORiNE (ouvrant la boîte). Oh ! vraiment, ils sont bien plus jolis.

MADAME CARRÉ. Tant mieux. Cela prouve que j'ai encore du goût.

VICTORINE (baisant la main de madame Carré). Vous savez qu'il est convenu que je ne dois plus vous remercier.

MADAME CARRÉ (embrassaut Victorine). Comme tu voudras.

VICTORINE (baissant la voix). Bonne maman (elle regarde de tous côtés), j'aurais quelque chose à vous dire ; mais c'est que j'ai peur que maman, qui doit avoir fini sa toilette, ne vienne pendant ce temps-là.

MADAME CARRÉ. Alors dépêchc-toi.

VICTORINE. On doit vous présenter ce soir un monsieur....

MADAME CARRÉ. A moi ! Pourquoi faire?

VICTORINE. C'est un comte qui me recherche en mariage.

MADAME CARRÉ. Est-ce que vous avez rompu avec monsieur Edouard de Latour?

VICTORINE. Non, ma bonne maman.

MADAME CARRÉ. Eh bien?

VICTORINE. Maman assure que cela ne fait rien et que l'on peut toujours recevoir ce monsieur, pourvu que ce ne soit pas un mardi , parce que monsieur Edouard vient tous les mardis.

MADAME CARRÉ. Vraiment, ma chère enfant, ta mère est quelquefois... Enfin ta mère est ta mère; ce n'est pas cela que je veux dire. Il ne me paraît pourtant pas bien, quand on a accueilli un jeune homme, de chercher à en attirer un autre. Lequel des deux préfères-tu ?

victorïnt;. Vous sentez bien, ma bonne maman, qu'après la manière dont je vous ai parlé de monsieur Edouard, je ne pourrais pas vous dire que j'aime mieux monsieur le comte. Je suis seulement fâchée que monsieur le comte, qui jusqu'ici avait refusé tant de mariages, se soit décidé si promptement pour moi.

MADAME carré (prenant le menton de Victorine). Je crois

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