‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 234 sur 382 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

nous. C'esl un homme qui sent le besoin d'une aristocratie, d'une aristocratie moderne, et qui, en la doublant tout d'un coup par ce mariage, prétend que ça la vieillirait d'autant.

M. GIGOT. Il est certain qu'il faut une aristocratie moderne. Vous en conviendrez vous-même, mon cher Robert. La vieille est trop contestée; elle ne s'appuie sur rien; on ne sait plus ce que cela veut dire. Et, d'un autre côté, on ne peut pas concevoir un peuple sans hiérarchie.

MADAME GIGOT. Ce Serait tout bonnement le chaos. De penser qu'avec ma fortune je ne serais que l'égale de ma fruitière ou de mon épicier !

M. ROBERT. Ou de mol qui ne serai jamais d'aucune aristocratie.

MADAME GIGOT. Vous , moDsiour Robert, n'étes-vous pas un savant, un industriel dont le nom est européen? De bonne foi, vous regardez-vous comme l'égal de ceux que je viens de nommer et de ceux qui n'ont jamais pu rien faire par euxmêmes ?

M. GIGOT (à part). Boni ceci est à mon adresse.

M. ROBERT. A vrai dire, je n'ai pas encore eu le temps de me comparer à personne ni de comparer personne à moi. J'y pourrai peut-être penser un jour. Adieu, adieu. Je vous laisse à vos grandes affaires et vous souhaite une heureuse chance.

(Il sort.)

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