LES PRÉCÉDENTS, MADAME DE GENNETINES , MONSIEUR
DE NORMONT.
MADAME DE GENNETINES. Décidément, Madelaine, je finirai par croire que Simon vous fait la cour.
MADELAINE. MoHsieur Simon est trop poli, madame, pour se moquer de moi à ce point-là.
(Elle sort avec Simon.)
MADAME DE GENNETINES. Vous trouvez donc, en vérité, que j'ai meilleur teint qu'à Paris?
M. DE NORMONT. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de comparaison.
MADAME DE GENNETINES. Je le trouvB aussi. Dans le fait, il faut bien qu'il me serve à quelque chose d'être venue à la campagne. Je l'ai toujours eue en horreur. Mais il y avait un siècle que je n'avais vu madame Delorme. J'ai beau faire, c'est ma sœur, sa fille est ma nièce; j'ai voulu essayer si je pourrais m'accoutumer à vivre en famille. Je crains que non. Madame Delorme est si nulle!
M. DE NORMONT. Elle ne m'a pas fait cet effet-là.
MADAME DE GENNETINES. C'est que VOUS ne voulez pas en convenir. Madame Delorme n'a jamais été qu'une très-honnête femme; voilà absolument tout. Elle a fait le bonheur de monsieur Delorme; il y avait bien quelque mérite à cela, car moi je l'aurais jeté par la fenêtre. Mais puisqu'elle était devenue veuve, ne pouvait-elle pas prendre un peu plus d'essor? Elle n'a qu'une fille, et toute sa prétention est d'en faire une femme de ménage comme elle.
M, DE NORMONT. Il ne faut rien dire de la petite, elle est très-gentille.
MADAME DE GENNETINES. Gentille comme un enfant qui dit tout ce qui lui passe par la tête ; mais ce n'est pas élevé, ça n'a aucune idée du monde.
M. DE NORMONT (souriant). Mon neveu la formera.
MADAME DE GENNETINES. Elle cst encorp d'âge, Dieu merci !