‹ Proverbes dramatiques de Théodore LeclercqChapitre 256 sur 382 · LES PRÉCÉDENTS, MADAME DELORME · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENTS, MADAME DELORME

MADAME DELORME. OÙ est donc ta tante, Léonide? FERNAND. Elle est sortie un instant pour aller me chercher son portrait.

312 LES DEUX soeuus.

LÉOXIDE. Son polirait! vous voyez bien, monsieur Fernand, que je n'étais pas si loin de la vérité. Son portrait 1 Est-ce pour vous le donner? Maman ne veut pas qu'on parle de ma lanle, et je vous assure, maman, qu'il faudrait pourtant bien s'entendre un peu.

MADAME DELORME. Nous nous entendons très-bien.

LÉONiDE. Si vous savjez ce que m'a dit monsieur de Normont.

MADAME DELORME. Il me l'a dit aussi ; un mariage pour toi. N'est-ce pas cela ?

LÉONIDE. Je suis contente du moins, parce que vous lui aurez répondu.

MADAME DELORME. Que j'étais fort honorée; que nous en reparlerions plus tard.

LÉONIDE. Mais, maman, lui laisser croire que je pourrais l'épouser!

MADAME DELORME. Je SUIS mieux instruite que toi. Ce n'est pas pour lui qu'il te demande; c'est pour son neveu.

FERNAND. Alors, ma chère Léonide, cela devient plus raisonnable.

LÉONIDE. Pouvez-vous badiner, monsieur Fernand, sur un pareil sujet!

MADAME DELORME. Fernand me comprend à merveille. Que veux-lu? Que nous allions confier à un étranger ce que nous n'avons pas encore jugé à propos de dire au père de Fernand. Ne devons-nous pas attendre la fin de son deuil? Ma sœur, bien certainement, ne sera plus avec nous à cette époque-là. Je lui écrirai alors; et ce qui ne sera pour elle qu'une nouvelle fort indifférente, serait dans ce moraeiii-ci un sujet de tourments continuels.

LÉONIDE. Ah! maman, je vous y prends.

M.iDAME DELORME. Taisez-vous, petite lille.

LÉONIDE. Et si monsieur de Normont se croit en droit de me faire la cour pour son neveu ?

MADAME DELORME. Ccci regarde Fernand, ma bonne amie, c'est à lui de répondre.

FERNAND. J'ai beau me consulter, je ne m'imagine pas que je serais très-jaloux.

Page 1