IV. il
370 LKS ESSAIS.
M. LUUGER. Il t'allail venir (lînor ici. M. DOTïi. J'y avais pensé d'altonl, et puis je me suis dit : « Basl, ils n'y seront peut-être pas. » Depuis que je ne vous ai vus, j'ai acheté celle terre dont je vous avais parlé. Oh! mon Dieu, oui, c'est lini. Je ne m'en repens pas encore.
MADAME LUDGER. Que ferez-vous d'une lerre , monsieur Dotli ?
M. DOTTi. Que peut-on faire de son argent? La Bourse est un cul-ile-sac aujour l'hui. A moins d'être dans les secrets du léié^'raphe, on court de trop grands; risques, et ma foi! pour être dans le secret du télégraphe, il faut voir si mauvaise compagnie que j'ai préféré me retirer de tout cela. Jouer à coup sûr comme font tous ces messieurs, c'est tricher, il n'y a plus de plaisir.
M. LUDGER. Pour le temps où nous vivons, vous êtes trop délicat.
M. DOTTi. 0"nnd on a à peu près ce qu'il faut, on fait bien de se tenir tranquille. Ma terre, c'est cent mille écus de placés, je suis seigneur châtelain. Vous viendrez me voir, n'eslil pas vrai ? Cela a bonne mine.
M. LUDGER. F.l cela vous rapporte?
M. DOTTi. Personne pourrait-il le dire? Ce n'est pas que mon vendeur m'en ait fait un secret; car, selon lui, c'est de l'argenl placé à plus de cinq pour cent.
MADAME LUDGER. Cinq pour Cent ! Ft nous achetons à Paris des maisons qui ne rapportent pas quatre.
M. LUDGER. Mais demandez à M, Dotli s'il croit ce que lui a dit son vendeur.
M- DOTTi. Oh bien oui! Je voulais avoir un coin pour me reposer. Songez donc que voilà plus de vingt-cinq ans que je suis dans les affaires. Il faut laisser la place à d'autres. Grâces au ciel, je n'ai pas trop à me plaindre. Il y en a de plus malheureux. Je vais apprendre à chasser, je m'accodtumerai à lire, à faire enfin ce qu'on fait à la campagne; et puis, si je m'ennuie, écoutez donc, ce n'est qu'à quinze lieues de Paris.
MADAME LUDGER. Savez-vous auprès de qui \ous êtes, quels sont vos voisins?
M. DOTTi. Je ne m'en suis seulement pas informé. Je ne veux