SCÈNE IX
M. DALAiN. Votre inèro serait si contente?
MADAJIE DALAi.N. Il taut cfoire que nous le serons tous.
M. DALAIN. Elle désirait ce rapprochement avec bien de l'ardeur.
MADAME DALAIN. Rapprochement, dites-vous?
M. DALAIN. Mais oui. Vous^vouliez de la tendresse; rapprochement est un mot tendre.
MADAME DALAIN. Si ce n'est qu'un mot.
M. DALAIN. Je suis toiil prêt à vous donner des arrhes. Regardez autour de vous; voyez ce qui pourrait vous l'aire plaisir. Votre chambre, quoiqu'elle me paraisse toujours très-belle, n'a peut-être plus le même agrément pour vous qui l'occupez toujours; si nous la changions?
MADAME DALAIN. Monsieur Dalain, vous avez beau être fin, ceci est plus fin que vous, .le ne puis me persuader que vous ayez deviné si juste de prime abord, et je commence à me douter de ce que vous vouliez savoir de Pélagie.
M. DALAIN. Quand cela serait?
MADAME DALAIN. C'est fort délicat.
M. DALAIN. Ce qui m'embarrasse, c'est de savoir où vous coucherez pendant que les ouvriers seront ici. Je n'ai que ma chambre à vous offrir.
MADAME DALAIN. Je ne voudrais pas vous déranger.
M. DALAIN (d'un ton caressant). Il y aurait bien moyen (i:j ne pas me déranger. Comprenez-vous, ma chère amie?
MADAME DALAIN (minaudant). Je le crois du moins.
M. DALAIN (avec plus d'empressement). Kh bien ?
MADAME DALAIN. Si proMiptement !
M. DALAIN. Je renais; en \érité, c'est pour moi comme un:; nouvelle existence. Ma tète enfin va se trouver lihre. Plus de trouble, plus de fâcheuses préoccupations, nous allons être comme tous les bons ménages. Embrassons-nous donc, (ii l'embrasse.) Voilà une excellente affaire conclue. Je vais retrouver ta mère; je veux être le premier à lui donner cette nouvelle; et je. fais déménager tout de suite ton appartement, afin qu'il n'y ait plus moyen de se dédire.
MADAME DALAIN. Vous n'avez pas de crainte à avoir de mon côté.