SCÈNE III
M. ERIPPET, MADAME URBAIN.
MADAME URBAIN. Pardou , moii voisin, f.a servante est un peu malade; je l'ai fait coucher de bonne heure, de sorte que je suis obligée de tout faire ce soir.
M. FRIPPET. Si je pouvais être bon à quelque chose?
MADAME URBAIN. Ce n'est pas de refus. Nous dînons bien dans notre chambre; mais nous préférons souper ici. Si vou.^ voulez m'aider à apporter cette table, vous m'obligerez.
M. FRIPPET. Très-volontiers.
(Ils placent une table au milieu du théâtre.)
MADAME URBAIN. A présent, je vais mettre mon oonverl : Urbain arrivera quand il voudra, tout sera prêt.
M. FRIPPET. Vous sou pez donc ?
MADAME URBAIN (loiit PU mettant le couvert). Oui. C'est une habitude que mon mari a conservée de chez son p^re; ce n'est pas mal ; je m'y suis faite fout de suite, fi n'y a plus d'oMvri<Me«: il n'v ;i plii> det^arcons; la journée e>l fini»':
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rien ne nous presse; rien ne nous dérange; on peut causer tant qu'on veut ; enlin, ça plaît à Lirbain.
M. FRIPPET. Que pouvez-vous manger à cette lieure-là?
MADAME URBAIN. La plupart du temps, pres(|ue rien; mais ce soir, ohl ce soir, c'est différent.
M. FRIPPET. C'est donc un gala?
MADAME URBAIN. A peu près. C'est demain ma fêle, je m'appelle Julie; Urbain n'y a pas pensé. C'est ma troisième fête depuis notre mariage ; il n'avait pas oublié les deux autres ; il sera désolé.
M. FRIPPET. C'est mal à lui.
MADAME URBAIN. Il a tant d'occupalious !
M. FRIPPET. C'est égal.
MADAME URBAIN. Ça m'amuse plus que s'il ) avait pensé, parce que je veux lui faire une surprise. J'ai un civet, j'ai un gâteau de Savoie, et jusqu'à des fraises. Je vous inviterais bien, mon voisin ; mais je ne sais pas si ça lui ferait plaisir.
M. FRIPPET. Vous êtes trop bonne, je ne pourrais pas accepter. Il faut que je sois demain de Irès-.^rand matin à Auleuil.
MADAME URBAIN. Je VOUS parle bien iVancliement, comme vous voyez.
M. FRIPPET. Ne vous excusez donc pas, c'est tout nalun;!. Bonsoir, ma voisine.
MADAME URBAIN. Bonsoir, mou voisin. Donnez-moi une |)oignée de main, comme on fait anjourd'bui.
M. FRIPPET (baisant la main que lui présente madame Lrbain). Voilà comme je donne mes poignées de main.
MADAME URBAIN. C'est à l'ancienne modc.
(M. Frippel s'en vu.)