LE COMTE, FANCHETTE, LUBIN, LE MARQUIS
LE COMTE, pouvant à peine contenir son e'motion.
Je me tenais honoré de m'allier à votre famille. Quelque différence dans nos opinions politiques n'avait point diminué l'estime.... j'ose dire Tafiection que je vous portais... Un seul jour a tout changé.
LE MARQUIS
Que voulez- vous dire?
LE COMTE
L'orgueil vous égare Vous voulez rétablir un
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droit que la raison a pour jamais détruit; vous voulez offenser un brave en flétrissant son épouse; et vous vous rendez le persécuteur d'un homme utile, parce qu'il professe une autre religion que la votre... Ainsi vous privez votre pays d'un soldat disposé à la défendre , et vous enrichissez l'étranger des dépouilles de notre industrie.
LE MARQUIS
Je cède aux événemens Mais vous qui les désiriez... J'avais donc raison de prévoir...
LE COMTE
Vous avez prévu ma conduite; moins heureux que vous , je n'ai pas deviné la vôtre , et je ne saurai* l'approuver...
LE MARQUIS
Ainsi vous voilà libéral ?
LE COMTE , avec énergie.
Oui , j'accepte cette dénomination , si elle doit caractériser l'homme ennemi des prétentions de l'orgueil , des persécutions du fanatisme , et des abus du pouvoir.
LE MARQUIS, l'embrassant.
Ah ! mon cher comte! <juc je vous embrasse...
LE COMTE
Que faites-vous ?
LE MARQUIS
Que je me sais gré de celte épreuve.
Que parlez-vous d'épreuve ?
LE MARQUIS
Eh! oui , votre fils arrive, et il nous apprend que, loin de marcher vers l'ancien ordre de choses , nos institutions s'établissent , la charte s'exécute , et la France rend hommage à la sagesse de son roi.
LE COMTE
Et à quelle classe appartiennent les originaux que vous venez de me présenter ?
LE MARQUIS, souriant.
A une classe fort divertissante ; mais les voici.
4o8 ON NE CONNAIT PAS