SCÈNE PREMIÈRE
Le théâtre représente un salon; un esclave est au fond, • un cabinet à gauche.
LE DROGMAN
Lj'esï un pénible emploi que celui du drogman de l'ambassadeur de Perse à Paris. J'ai peine à saisir la profession des originaux que l'intérêt ou la curiosité attirent auprès du prince j les Paiisiens ont à peu près le même costume , rien ne caractérise les distances , et le langage est si confus , on trouve des prétentions si élevées dans les rangs les plus bas , et des goûts si bas dans les rangs les plus élevés , que j'ai fait moi-même plus d'une méprise. Ici personne
yî L'AMBASSADEUB
ne se donne pour ce qu'il est, chacun affiche dci prétentions opposées à son état. Hier j'ai pris un jeune huissier pour un auditeur au conseil d'état , et un commis des finances polir un officier de cavalerie 5 aussi l'ambassadeur ne reçoit plus avant qu'on se soit fait inscrire , et qu'on lui présente un placet signé. Relisons la liste d'aujourd'hui. {Il Ut.) Achille Viret^ point d'état... Le vicomte d'Orgcsson, érudit. Madame Gertrude Folleville , institutrice. M. Folleville , son mari...-, et M. Vesiriquct, maître de danse. Il faut ajouter à cette liste M. Filador , médecin , que le prince a fait demander pour certaine incommodité... J'entends du bruit... C'est l'ambassadeur.... Il est laconique, et comme il ne peut prononcer un mot de français, qu'il comprend assez bien, je serai chargé de tous les frais de la conversation.