SCÈNE X et dernière
Les mêmes , VIREX , LE VICOMTE , FILADOR , MADAME FOLLEVILLE , FOLLEVILLE.
( L'ambassadeur les regarde tous , leur rit au nez , et fait signe quiî ne les emmènera pas à Ispahan. Il sort. )
VESTRIQLET.
Il paraît que l'audience est finie.
LE DROGMAN , remettant les placets à chacun.
M. Colas Viret , votre père est un riche restaurateur -, au lieu de rougir d'un état qui a fait votre fortune, et d'avoir des prétentions à la noblesse , je vous engage à vous instruire; imitez ceux qui ont su s'élever , non par leur fortune , mais par leurs talens ou
leur bravoure 5 la véritable illustration est dans k' mérite personnel.
VIRET
Avec de l'argent on a des titres j je marcbande des ordres étrangers, et au lieu d'une croix, j'en aurai trois. Au revoir.
(Il sort.)
LE DROGMAN, au vicomte.
Vous êtes noble , et c'est encore un avantage ; mais dans un moment où les préjugés de la naissance sont partout attaqués , pour bien les défendre , il faut montrer des talens utiles. Que ferons les roturiers , si les nobles restent à la cuisine.
LE VICOMTE
Il suffit , vous n'y entendez rien.
( Il sort.)
M. Filador , vous avez de la réputation comme médecin : on vous dit même assez savant j mais la méprise à laquelle vos petites chansons ont donné lieu , doit vous prouver qu'il vaudrait mieux cliarnivT moins d'oreilles et guérir plus de malades. Chacun son métier , monsieur le docteur.
FILADOR.
A ous ne connaissez ni les usages , ni les ma'ius
de Paris. J*ai publié des livres , j'ai guéri des maïadts ; mais ma réputation ne date que du jour où j'ai chanté dans les salons , et j'y retourne.
(Il sort en fredonnant. )
LE DROGMAN
Pour vous , madame , je vous conseille de débuter à rOpéra , et j'invite monsieur votre mari à faire fortune à la bourse.
TOUS
C'est bon , nous n'irons point à Ispalian.
( Ils sortent.)
LE DROGMAN
Etmoi, je retourne auprès de l'ambassadeur^ en rappelant le proverbe aux autres . ne l'oublions pas nousmêmes. Chacun son métier.
FIN DE L AMBASSADEUR DE PERSE
LE VIEUX COQUET
ou