SCÈNE III
CÉCILE
~ Au contraire.
DURMONT.
Pourquoi donc pleurait-elle ?
CÉCILE
Voici ce qu’elle m’a dit : « Mademoiselle^ » vous vous souvenez bien de Joseph, menui- » sier à Château-Ghinon , qui a fait la biblio- )) thèque de Monsieur , eh bien ! il me parlait. » — Et de quoi te parlait-il ? — Il me parlait » pour le mariage , Mademoiselle. Joseph est un » si bon garçon ! nous nous aimions tant ! j’ai » tout dit à Madame ; et puis après cela nous » nous sommes promis de nous marier dès que » son père l’établirait. »
DURMONT.
Je devine.... les absens ont tort. Joseph a oublié la pauvre Françoise.
CÉCILE
C’est précisément tout le contraire. Joseph lui écrit qu’il allait travailler à son compte, qu’il avait ses papiers , et il lui demande où et quand ils se marieront.
DURMONT.
Je ne vois rien là de si triste.
LE PETIT AMBITIEUX
’ÀÜ
CÉCILE
Écoutez, mon papa, c’est encore Françoise qui parle : « Mais , Mademoiselle , on dit que » Monsieur va devenir ministre; vous sentez » bien que je ne puis plus me marier avec un » menuisier; j’épouserai au moins un huissier )) du cabinet. »
DURMONT.
La folle.... où l’ambition va-t-elle se nicher ^
CÉCILE
Je lui ai demandé si elle n’aimait plus Joseph. (( Oh! mou Dieu si ^ Mademoiselle, m’a-t-elle » répondu en sanglotant, et je crois bien que » je ne pourrai jamais l’oublier. Pauvre Joseph, » que de chagrin il va avoir en lisant ma lettre!
Mademoiselle, conseillez-moi ; je suis bien à » plaindre. »
DURMONT.
Te voilà un personnage ! on te consulte. Je suis curieux de savoir comment tu t’en es tirée,
CÉCILE
D’abord je lui ai dit qu’elle n’avait pas le sens commun ; j’ai pris la lettre, je l’ai déchirée^ et l’ai jetée au feu.