SCÈNE III
DUMONT, seuû
Mon oncle craint que ma femme , emportée par une imagination vive , n’oublie qu’on n’est heureux qu’en faisant le bonheur de ceux qui nous environnent. Non , non ! ces craintes ne sont pas fondées. Les travers de l’esprit ne prévalent pas sur la bonté du cœur. Cette nouvelle fantaisie passera comme les autres , et peut-être même plus vite encore. M”"® Dumont consentira-t-elle à solliciter elle-même acteurs et directeurs; s’expose ra-t-elle à leurs dédains; aura-t-elle assez de persévérance pour arriver, malgré les coteries et les tours de faveur , à la représentation de ses ouvrages ; s’abaisserat-elle à composer avec ces cabaleurs à gages qui sifflent ou applaudissent les nouveautés, aux risques et périls des spectateurs paisibles ? Tant de difficultés la rebuteront. Elle vogue sur une mer trop féconde en naufrages, pour ne pas rentrer bientôt au port.