SCENE XL
Monsieur , j’ai toujours chéri votre talent et votre personne.
OUTRAIT , bas à Mme Dumonl.
Et moi, j’ai toujours dormi à ses drames.
( A Delarue : ) Vous voyez , Monsieur , le plus sincère admirateur de votre génie.
MADAME DUMONT , à part. ,
Vive la franchise.
DELURNE , 'bas à Mme Dumont.
Je crois qu’il veut me railler. (ADutrak ) Vos chansons font merveille , monsieur Dutrait , elles charment les échos du Pont-aux-Choiix.
DUTRAIT.
Un sarcasme, monsieur Delurne!
DELURNE-
Monsieur, c’est un genre que je vous laisse.
( Avec une sensibilité afl'ectée. ) Je ne veux pas d’esprit aux
ilépens du cœur.
MADA]\IE DUMONT , avec émotion, et se rapprocliant de Delurne.
Ce bon monsieur Delurne, quelle douceur, quelle sensibilité !
DELURNE, bas à Mme Dumont, vivement et avec aigreui.
J’ai rédigé un petit article diffamatoire que
je ferai insérer demaiii dans tous les journaux ; je veux que dans trois jours il soit déshonoré.
MâDAME DUMONT , a part.
Fort bien ! Le petit article diffamatoire et le vaudeville peuvent aller ensemble. Ces messieurs ne valent pas mieux l’un que l’autre. S’ils s’expliquent, ils se querelleront : quelle situation embarrassante !