SCÈNE III
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voilà de quoi faire une omelette : dès qu’on a des œufs , on a des poules , c’est une conséquence forcée; eh bien ! mettez-nous une poule à la broche, une de ces poules qui ne pondent plus , voire meme un vieux coq , eût-il chanté du temps de la Passion , nous avons de bonnes dents. Pour le vin , naturel et droit en goût , c’est tout ce qu’il nous faut : on n’est pas plus accommodant, j’espère.
RENÉ
Des matelas pour se coucher , du bon vin , des poulets à la broche, i’ n’ leu’ faut qu’ ça !
Te tairas- tu, mauvais cœur!
JUSTIN
D’ailleurs, nous ne voulons pas vous être à charge, nous paierons généreusement notre dépense^
RENÉ
r s’ croient à l’auberge !
COLETTE
Veux-tu te taire, encore une fois!
RENÉ
Parce que s’ti-là vous fait les yeux doux, vous voulez qu’i’ reste !
COLETTE
Sans doute.
JUSTIN
Allons , bonne mère , laissez-vous toucher !
SAINT-ELME
Peut - être voulez - vous savoir qui nous sommes? C’est trop juste, et nous allons vous satisfaire. Mon ami est lithographe , et moi artiste dramatique. Nous allons tous deux à Toulouse : lui , pour lithographier la grande coquette, l’ingénue et le premier rôle du grand théâtre; moi, pour donner quelques représentations qui étonneront les bons Toulousains , et dont on se souviendra long-temps. ,
Quoique j’ n’entendions pas un mot de c’ que vous v’nez d’ dire, je crois b’eii qu’ vous êtes d’honnêtes garçons; maugré ça j’ vous F r’pétons, j’ nons pas de quoi vous donner à souper, j’ nons pas d’ place pour vous loger : par ainsi, n’ pardez pas vot’ temps, i’ s’ fait tard, r’mettez-vous en route.
JUSTIN, regardant Colette.
C’est désespérant.