SCÈNE XL
THOMAS ^ bas à La ronde.
N’ lui parle pas d’ mariage , ça lui tourne la tête , et elle n’ sait p’us c’ qu’allé fait.
RENÉ
Moi , j’ dis que 1’ plus tôt sera V meilleur.
LARONDE.
Je me suis douté qu’on se réjouissait ici.
THOMAS
Et tu ne t’es pas trompé.
Mon instinct ne me trompe jamais.
THOMAS
V’ià mon' neveu, qi i r’ vient d’ l’armée 1 Nous allons fêter sa bien-venue.
LARONDE, à Justin.
Jeune homme , touchez là. J’aime les braves ; je boirai de bon cœur à votre santé.
THOMAS
Et voici son camarade.
LARONDE.
Monsieur... ( A part. ) Eh mais, je ne me trompe pas.... (ASaint-Eime ) Y a-t-ü loug-tomps que Moii" sieur est au service ?
SAINT-ELME
Il y a cinq ans que , pour la première fois ^ j’ai endossé Funiforme. (Apan. ) Cet homme ne m’est pas inconnu.
LARONDE.
Cinq ans ! Il me semble pourtant qu’il y a deux ans vous n’étiez pas militaire.
SAINT-ELME, à part.
Voilà bien la situation la plus embarras» santé....
Nous nous sommes rencontrés, je crois, au théâtre de Bordeaux? ,
SAINT-ELME
Vous voulez sans doute parler de mon frère? Il y a entre nous une telle ressemblance, que nos amis, nos parens même, nous prennent souvent l’un pour l’autre.
LARONDE.
C’est possible.
SAINT-ELME , bas à Justin.
Quittons la place; nous n’éviterions pas une reconnaissance fâcheuse.