SCÈNE VIL
DORSA.N.
Tu feras tes réflexions plus tard.
FLAMAND
Je suis si content de le revoir, que je;; ne puis contenir ma joie. Il ira loin, Monsieur, il ira loin. Il a toujours eu du goût pour Farchitecture. Vous souvenez-vous. Monsieur, quand vous faisiez bâtir à la campagne ? ( Faisant un geste de la main • ) il n’était pas plus haut que ça; il ne quittait pas les ouvriers. Un beau jour, il se laisse tomber d’un premier étage; je cours à lui, je le relève. 11 avait la tète fendue ; il était couvert de sang.... est-il heureux !‘ •
DORSAN
Oui, je m’en souviens; mais je n’ai pas de temps à perdre.
FLAMAND
Et quand il voulut monter ce maudit cheval , qu’on appelait Gent -de-la-noce ^ parce qu’il était toujours en danse , mon petit diable ne s’était-il pas mis dans la tête de le dompter. Mais à peine en selle, voilà mon cheval qui se cabre, qui rue, qui fait le saut de mouton, et qui envoie son cavalier à dix pas de lui. Pour le coup, j’ai bien cru que Victor n’en revien-
MADAME FUTILE
drait pas. Il était étendu sur le sable.... sans connaissance.... est-il heureux !
DORSAX.
Allons, il faudra que je fasse ma commission moi-méme.
FLAMAND
Et cette autre fois....
DORS AN
Maudit bavard î
FLAMAND
Monsieur, je suis à vos ordres. Ce pauvre enfant, qui ne vous avait jamais quitté d’une syllabe ! Enfin , le voilà revenu sur le^toit paternel , au cintre de sa famille !
DORSAN
Veux-tu faire ma commission , ne le veux-tu pas ?
FLAMAND
•J’y vais. Monsieur.
DORSAN
Écoute donc , tu remettras cette lettre à mon notaire, à lui-méme , et s’il te donne une réponse, tu me l’apporteras de suite.