SCÈNE IX
qu’on ait, par exemple, de M"“^ Valsain, qui se contente de la robe la plus simple ? Elle compte sur sa jeunesse, sur sa fraîcheur, qui, selon moi, lui donne l’air bien commun. Aussi, dès quelle est entrée , je me suis empressée d’aller au-devant d’elle , et , tout en l’accablant de politesses , je l’ai placée dans l’endroit le plus obscur du salon.
ADÈLE
Vous avez mieux traité de Rochebrune.
MADAME FUTILE
Je devais la place d’honneur à son cachemire et à ses diamans; elle était éblouissante. Quelle profusion de parures î c’était un vrai chaos. Ce qu’elle a est fort riche, sans doute; mais comme c’est porté !!!.... x411ons , nous passerons seules la matinée;.... j’en serais étonnée. Je parie que nous verrons M"'® de Villeneuve. Le lendemain d’une soirée, elle a besoin de s’épancher ; il faut qu’elle passe en revue toutes les femmes qui s’y trouvaient pour critiquer leur toilette. Je déteste les gens de ce caractère-là.
ADÈLE
Nous aurons du moins la visite démon oncle;
MADAME FUTILE
je le quitte à l’instant; il m’a dit qu’il désirait vous voir ce matin.
MADAME FUTILE
Pour me parler d’affaires, je gage. En voilà plus qu’il n’en faut pour gâter ma journée.
ADÈLE
Mais, maman, il faut bien s’en occuper queU quefois.
MADAME FUTILE
Eh bien ! qu’il s’en occupe pour moi.
ADÈLE
Encore est-il des choses sur lesquelles il doit vous consulter. Pendant que vous vous entretiendrez avec lui , je vous ferai un bonnet comme celui de M“^ Lucy.
MADAME FUTILE
Tu es un enfant charmant ! Mettons-nous vite à Touvrage. Moi, j’achèverai de broder la collerette que j’ai commencée.
ADÈLE
Tenez, maman, la voici.
(Elles s’asseyent, et se mettent à travailler. )
MADAME FUTILE
As-tu du tulle pour faire mon bonnet?