SCÈNE X
DORSAN
Moi!
ADÈLE
Mon bon oncle, vous ne vous en dédirez pas; si vous saviez quel service cela peut nous rendre !
MADAME FUTILE
Sûrement ; nous n’avons pas de père noble.
DORSAN
Allons, soit. Pour tout arranger, je consens à jouer les pères nobles, .
MADAME FUTILE
jEn vérité , mon ami , vous êtes charmant î Avec tant d’amabilité, vous feriez oublier votre âge , si vous le vouliez bien , et vous rivaliseriez avec les jeunes gens les plus brillans.
DORSAN
Oh! j’espère bien qu’à votre première soirée nous ouvrirons le bal ensemble !
MADAME FUTILE
Voilà de l’exagération! je n’exige pas l’impossible; mais, soyez -en sûr, mon frère, cet air grave, qui effarouche les plaisirs, vous fait
MADAME FUTILE
vieux avant le temps. Quant à moi , je vous le déclare, je ne veux pas vieillir.
DORSAN
Si VOUS avez un secret pour arrêter la marche du temps , confiez-le moi bien vite , afin que j en profite.
MADAME FUTILE
Rien de plus simple. Conserver Fenjouement et les goûts du jeune âge; faire des plaisirs son unique étude; réparer avec art les traces des années : voilà le secret d’éterniser la jeunesse. Par exemple , je vous tourmente depuis longtemps pour que vous quittiez votre tailleur ; il donne à vos habits une forme qui vous vieillit de dix ans , je vous en avertis; vous ne voulez pas faire teindre vos favoris qui commencent à grisonner : vous avez tort, très-grand tort, mon frère. Prenez-y garde , c’est plus important que vous ne pensez.
DORSAJy.
Je quitterai mon tailleur , je ferai teindre mes favoris ; mais, puisque nous en sommes sur les affaires importantes , permettez-moi de vous en entretenir.