SCÈNE XllI
VICTOR
Voilà précisément le contraire de ce qu’il fallait faire.
DORSAN
Comment! elle me dit qu’elfe n’a pas reçu ses fermages , parce que son fermier a des souliers ferrés; quelle s’est servie d’inscriptions de rentes pour envelopper je ne sais quoi, et tu veux que j’écoute de sang froid de pareilles extravagances !
VICTOR
Oui. Parce que vous êtes sage, vous voulez que tout le monde le soit. Hé bon dieu ! chacun de nous n’a-t-il pas sa marotte ?
DORSAN
Mais il est des folies dont les suites sont funestes. Faudra-t-il , à t’entendre , ne pas retenir un aveugle qui marche vers un précipice ?
VICTOR
Retenez-le , mais ne le gourmandez pas , car il n’y a pas de sa faute.
DORSAN
Allons, c’est encore moi qui ai tort.
Sans doute. Persuade-t-on les gens en les heurtant de front, et chacun n’a-t-il pas ses inclinations, ses habitudes qu’il faut ménager.
DORS4N
Je n’entends rien à.tous> ces ménagemens. Quand une chose est sage et utile, je veux qu’on la fasse, par la seule raison quelle est utile et sage. ^
VICTOR
Tenez, mon père, laissez-moi faire.
DORSAN
Pour tout gâter.
r VICTOR.
Ne craignez rien. Allez chercher le notaire; je veux que ma tante signe notre contrat sans s’en apercevoir. Seulement que l’acte soit tout dressé et prêt à recevoir les signatures.
DORS AN
C’est impossible. Il est des clauses sur lesquelles il faut que ma sœur s’explique.
VICTOR
Hé bien ! puisqu’il le faut absolument, je me charge de la faire expliquer,